Personne n’a jamais foré la glace d’Europe : deux instruments trahissent pourtant ce qui se cache dessous
Personne n’a jamais posé le moindre foret sur la glace d’Europe, l’une des lunes de Jupiter. Pourtant, les scientifiques affirment qu’un océan liquide se cache sous sa surface gelée. Cette certitude repose sur deux instruments embarqués sur des sondes spatiales, capables de « voir » à travers des kilomètres de glace.
Sous la glace d’Europe, un océan qui défie l’imagination
Europe, striée de fiss rougeâtres, présente une surface entièrement glacée. Les planétologues suspectent qu’un immense océan d’eau liquide est piégé sous une épaisse croûte de glace. Ce phénomène n’est pas exclusif à Europe ; ses voisines Ganymède et Callisto sont également suspectées d’abriter des océans sous leur surface. Ganymède, la plus grande lune du Système solaire, pourrait contenir plus d’eau que tous les océans terrestres réunis.
La gravité, cet espion qui pèse l’intérieur des mondes
Le premier indice de la présence d’un océan est gravitationnel. La déviation d’une sonde spatiale, en passant près de ces lunes, dépend de la répartition des masses à l’intérieur. L’instrument 3GM, embarqué à bord de la mission européenne JUICE, permet de reconstituer la structure interne de Ganymède en analysant les variations de vitesse de la sonde.
Un second signal, les librations, se manifeste par de minuscules oscillations périodiques de la rotation des lunes. Une amplitude plus forte que prévu indiquerait la présence d’une couche liquide sous la croûte de glace.
Le magnétisme, révélateur inattendu d’une mer cachée
Le second instrument clé exploite la conductivité électrique de l’eau salée. Jupiter, entourée d’un champ magnétique colossal, induit un champ magnétique dans une couche d’eau salée. Les magnétomètres traquent ce signal en retour. Une mer souterraine chargée en sel renvoie une réponse détectable, même à travers plusieurs kilomètres de glace. Ganymède, possédant son propre champ magnétique, offre des informations supplémentaires sur sa structure interne.
Ce que ces découvertes changent dans notre quête de vie extraterrestre
Si ces océans existent, ils redéfinissent les lieux potentiels pour la vie. Sur Terre, la vie s’installe là où il y a de l’eau liquide. Les lunes de Jupiter deviennent alors des cibles prioritaires pour la recherche de vie, surpassant même Mars.
Deux missions, JUICE et Europa Clipper, se dirigent vers ces mondes. JUICE doit arriver au début des années 2030 et se placer en orbite autour de Ganymède, tandis qu’Europa Clipper, lancée fin 2024, se concentrera sur Europe. Ces missions, bien qu’incapables de prélever des échantillons, espèrent observer des panaches d’eau projetés dans l’espace.
Ainsi, sans avoir foré le moindre centimètre de glace, la science affirme aujourd’hui que des océans dorment sous les lunes de Jupiter. Deux instruments, l’un mesurant la gravité, l’autre détectant des signaux magnétiques, soutiennent cette hypothèse. La question demeure : si l’eau est présente depuis des milliards d’années, pourrait-elle avoir abrité la vie ?
Source : SciencePost
