Des ingénieurs du MIT mettent au point un dispositif qui exploite l’air pour produire de l’eau potable
Une équipe d’ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a développé un dispositif innovant, de la taille d’une fenêtre, capable de produire de l’eau potable en exploitant l’humidité présente dans l’air. Ce système, qui fonctionne sans électricité, pourrait offrir une solution durable pour les régions confrontées à des pénuries d’eau.
Le cœur de ce dispositif est un panneau vertical fabriqué à partir d’un hydrogel, un matériau absorbant qui se présente sous forme de petits dômes. Ce design, inspiré de l’origami, maximise la surface exposée à l’air, favorisant ainsi la capture de l’humidité. Le matériau combine un polymère souple, du chlorure de lithium, un sel qui attire la vapeur d’eau, et de l’encre noire qui convertit la lumière du soleil en chaleur.
Le fonctionnement du dispositif repose sur un cycle naturel de 24 heures. La nuit, lorsque l’air est plus humide, le panneau est exposé et l’hydrogel absorbe la vapeur, tandis que le jour, un enceinte de verre se referme, permettant au soleil de chauffer l’encre noire et d’évaporer l’eau capturée. Cette vapeur se condense sur la vitre, dont la face externe est traitée pour rester plus froide que l’air ambiant. Les gouttelettes d’eau sont ensuite collectées dans des tubes.
Pour tester l’efficacité du système, les chercheurs ont choisi la Vallée de la Mort en Californie, une région où l’humidité peut descendre sous 20 %. Au cours d’une semaine en novembre 2023, un panneau d’un demi-mètre carré a produit entre 57 et 161 millilitres d’eau par jour, avec un fonctionnement efficace sur une large plage d’humidité, allant de 21 à 88 %.
Un des défis majeurs relevés par l’équipe a été de garantir que l’eau produite soit potable. Grâce à l’ajout de glycérol, le dispositif réussit à maintenir une concentration en lithium inférieure à 0,06 partie par million, respectant ainsi les normes de sécurité de l’Organisation mondiale de la santé.
Alors que 2,2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau potable sûre, ce dispositif pourrait offrir une solution autonome, sans besoin d’énergie externe, et pouvant être installé sur des façades. Les chercheurs estiment qu’un assemblage d’environ huit panneaux pourrait couvrir les besoins en eau d’un adulte. Des projets d’essai sont déjà prévus au Maroc et à Singapour.
Cependant, certains experts mettent en garde contre un enthousiasme excessif. Actuellement, le débit d’eau produit reste modeste par rapport aux besoins d’un foyer. De plus, le coût de production et les défis liés à une mise en œuvre à grande échelle demeurent à évaluer. Cette technologie, bien qu’elle ne soit pas une solution unique à la crise mondiale de l’eau, représente un outil décentralisé supplémentaire, particulièrement utile dans les zones où d’autres solutions échouent.
Source : Les Numériques

