Des graines de la Lune : un héritage vert
En 1971, l’astronaute Stuart Roosa, lors de la mission Apollo 14, a emporté avec lui environ 500 graines sur la Lune. Ces semences, comprenant des espèces telles que le pin taeda, le platane d’Occident, le liquidambar, le séquoia côtier et le sapin de Douglas, ont été placées dans un petit contenant métallique de 15 centimètres. Leur voyage a marqué une première : aucune mission habitée n’avait auparavant transporté de matériel forestier parmi les effets personnels d’un astronaute. Après un passage autour de la Lune, sans atterrissage, ces graines sont revenues sur Terre, où elles ont été soigneusement triées et cultivées.
Un programme inattendu
Après leur retour, les graines ont failli être perdues lors d’une décontamination. Une différence de pression a causé l’éclatement des pochettes contenant les semences, mais le généticien Stanley Krugman a réussi à les récupérer. Environ 450 jeunes pousses ont été expédiées vers des pépinières à Gulfport, Mississippi, et Placerville, Californie. Jusqu’en 1975, ces jeunes arbres sont restés dans ces pépinières avant d’être plantés à travers les États-Unis pour célébrer le bicentenaire de la nation en 1976. La première plantation a eu lieu le 6 mai 1975 à Washington Square, à Philadelphie, en présence de Roosa et de 250 personnes.
Un héritage oublié
Bien que des plaques en bronze aient été installées pour commémorer ces arbres, leur suivi a été limité. Les administrations forestières des États ont reçu des spécimens, mais aucun registre national n’a été maintenu. Ce manque de documentation a conduit à une dispersion des informations sur ces arbres, certains d’entre eux étant désormais cachés par la végétation environnante.
Une redécouverte tardive
En 1996, des écoliers de l’Indiana ont redécouvert un de ces repères, relançant l’intérêt pour ce programme. L’enseignante Joan Goble a contacté la NASA, qui a alors entrepris de recenser les arbres survivants. Aujourd’hui, environ 65 spécimens de cette première génération ont été identifiés.
Un nouveau départ
Le programme a connu une nouvelle dynamique avec la mission Artemis I en 2022, qui a transporté des semences de cinq essences lors de son passage autour de la Lune. À partir de 2024, ces jeunes pousses seront disponibles pour les établissements scolaires, musées et universités, renforçant ainsi le lien entre l’exploration spatiale et la conservation de l’environnement.
Source : NASA



