C’est une mission spatiale pour le moins insolite

C’est une mission spatiale pour le moins insolite qui s’est jouée au-dessus de nos têtes. En orbite flottent depuis le 7 juillet dernier des graines de fleurs et un message d’espoir, destinés à ne jamais revenir sur Terre. Derrière cette aventure poétique, on retrouve les chercheurs et artistes du Spring Institute, un laboratoire associatif basé en plein cœur du Cantal.

Quelque part au-dessus de nos têtes, une boîte métallique grande comme une boîte d’allumette flotte dans l’espace, à des milliers de kilomètres de la Terre. À l’intérieur se trouvent des graines de fleurs sauvages et une lettre manuscrite qui ne reviendront jamais sur notre planète. Parties le 7 juillet dernier à bord d’une fusée Transporter-17 de SpaceX, ces éléments ont décollé d’un endroit improbable : le fablab d’une association située à Pleaux, dans le Cantal. L’objectif de ce projet est de créer une initiative poétique et d’offrir un accès au monde spatial au plus grand nombre.

Initialement, l’association souhaitait envoyer en orbite un micro-écosystème aquatique. Cependant, lors des essais de vibration, une fuite a été détectée dans le conteneur, rendant impossible l’envoi d’eau libre. Louise Fleischer, présidente de l’association, souligne : « Impossible de faire voler de l’eau libre au sommet d’une fusée bourrée d’électroniques. »

Face à cette contrainte, les ingénieurs, biologistes et stagiaires du Spring Institute ont décidé de réinventer le projet avec l’aide de l’artiste Mélodie Le Corre, basée au Japon. La capsule, développée par la start-up Tumbleweed et intégrée par Exolaunch, embarque finalement des graines de fleurs de prairie, conçues pour flotter librement en apesanteur, ainsi qu’une lettre manuscrite traduite en quatre langues : français, anglais, japonais et espéranto. Cette lettre s’inspire du manga L’École emportée de Kazuo Umezu, dans lequel une mère envoie des graines vers le futur en espérant qu’elles atteignent son fils.

La lettre a été écrite manuellement sur un bout de papier, enroulée comme un message dans une bouteille à la mer. Louise Fleischer explique que l’idée est d’envoyer un message vers un futur incertain, mais porteur d’espoir. Les graines choisies, capables de fleurir après une pluie rare, symbolisent une nature sauvage capable de s’épanouir dans des environnements extrêmes.

Ce village du pays de Salers est devenu un centre d’innovation spatiale grâce à cette association d’une cinquantaine de membres actifs, en lien avec l’Agence spatiale européenne. Louise Fleischer précise que l’objectif est de parler du vivant et de l’espace, des thèmes souvent absents des grandes villes.

Il est à noter que la lettre et les graines ne redescendront pas sur Terre. Une fois les expériences des autres passagers du satellite terminées, la communication avec l’engin cessera, et celui-ci entrera en dormance avant de se désorbiter et de se consumer dans l’atmosphère. Louise Fleischer conclut que cette mission, bien que physique, est avant tout artistique, visant à envoyer un symbole de beauté et d’espoir vers un avenir incertain.

L’aventure ne s’arrête pas là. Le 13 octobre, l’association prévoit d’envoyer vers la Station spatiale internationale une réplique de son écosystème fermé, incluant de petites crevettes.

Source : France 3 Régions

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *