« Je ne suis pas venu vivre ici pour avoir 500 personnes sous mon nez »
Samedi 4 juillet, 120 caravanes se sont installées sur un terrain agricole privé au Pays-Basque, à Saint-Pée-sur-Nivelle, faute de places disponibles dans les aires dédiées. Ils ont prévu d’y rester deux semaines. Le maire et les habitants ne décolèrent pas.
Les habitants de Saint-Pée-sur-Nivelle, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont de nouveaux voisins. En fin d’après-midi, environ 120 caravanes appartenant à des gens du voyage ont établi résidence sur un terrain agricole privé. Ximun Lataillade, un résident, se dit déjà affecté par des nuisances telles que des aboiements de chiens, des barbecues, des appels à la prière et de la musique. L’habitant ne peut pas porter plainte, n’étant pas propriétaire du terrain. Trois jours après l’installation, il se sent désemparé : « Je n’ai pas choisi cette situation, je trouve ça injuste. Moi, si je m’étais installé sur un terrain agricole avec une tente, on serait venu me virer très vite. »
Christophe Jaureguy, maire de Saint-Pée-sur-Nivelle, a exprimé son mécontentement : « Ce n’est pas à nous de défendre nos terrains privés. » Les gens du voyage devraient occuper les lieux pendant deux semaines. Le maire se sent abandonné par les autres communes, ayant déjà pris des mes pour accueillir les gens du voyage sur son territoire.
Le Pays-basque fait face à un afflux de gens du voyage, et toutes les aires d’accueil de la région sont déjà occupées. Refusés par les communes de Saint-Jean-de-Luz et d’Ascain, les voyageurs se sont finalement installés à Saint-Pée-sur-Nivelle. Des agriculteurs ont tenté de bloquer les installations avec des tracteurs, mais les forces de l’ordre sont intervenues pour permettre l’installation des caravanes. Plusieurs propriétaires ont porté plainte.
La Communauté d’agglomération Pays-Basque propose 650 places sur son territoire, soit le double du nombre de places obligatoires à offrir. Cependant, environ 1 200 caravanes stationneraient actuellement sur le territoire. Nicole Etxamendi, conseillère déléguée au Logement pour tous, souligne que la situation est exceptionnelle cet été, avec un nombre élevé d’arrivages. Elle appelle à une meilleure coordination entre les acteurs concernés pour anticiper ces installations.
En France, la loi « Besson » impose aux communes d’aménager des aires d’accueil pour les gens du voyage, avec des équipements essentiels tels que l’eau potable, l’électricité, des sanitaires et une collecte de déchets. Cette loi permet aux maires de demander plus facilement l’évacuation des stationnements illicites.
Source : France 3 Aquitaine
