Le risque zéro n’existe pas : le Causse d’Aumelas face aux incendies

Quatre ans après l’incendie dévastateur de juillet 2022, qui a détruit près de 1 000 hectares de garrigue entre Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Gignac, Aumelas et Saint-Paul, les efforts de réhabilitation et de prévention se poursuivent sur le Causse d’Aumelas. Les agents de l’Office National des Forêts (ONF) mettent en œuvre des mes de sylviculture préventive afin de renforcer la résilience des forêts face aux incendies.

Des zones de forêt ont survécu grâce à des interventions humaines antérieures, notamment l’élagage et la plantation de pins pignons dans les années 70. Fabien Brochiero, responsable du pôle DFCI pour l’Hérault Gard Lozère à l’ONF, souligne que « l’homme a façonné le paysage » pour protéger ces espaces naturels.

Éviter la propagation aux houppiers

Le risque zéro n’existe pas, mais il est possible de le réduire. Selon Brochiero, en diminuant la biomasse qui alimente le feu, on peut améliorer la résistance des peuplements. Des mes préventives avaient déjà été mises en place avant l’incendie de 2022, telles que l’élagage des branches jusqu’à trois mètres de hauteur pour empêcher la propagation du feu aux houppiers. Il précise que « tous les arbres ne sont pas égaux », le pin pignon ayant une écorce plus résistante que le pin d’Alep, ce qui lui a permis de mieux résister aux flammes.

Valoriser les arbres morts

Quatre ans après le sinistre, l’ONF continue ses actions de sylviculture préventive. Yohan Boudin, technicien territorial de l’ONF, explique que des actions post-incendie ont été mises en œuvre pour favoriser la régénération naturelle, notamment en coupant les troncs calcinés pour stimuler de nouveaux rejets. Grégory Bro, maire de Saint-Bauzille-de-la-Sylve, indique que les pins brûlés ont été transformés en bois de plaquettes pour chaudières, permettant ainsi de valoriser ce bois auparavant considéré comme perdu. Les 30 000 euros dégagés par cette opération ont été réinvestis dans l’entretien de la garrigue.

De nouveaux débouchés

La coupe et la valorisation des arbres morts ouvrent de nouvelles opportunités économiques. Brochiero note que le bois de l’incendie de la Gardiole s’est bien vendu, bien que cela ne compense pas la perte écologique. Des sinistres futurs sont inévitables, et les agents de l’ONF poursuivent leurs efforts pour limiter les dégâts et permettre à la forêt de suivre son cycle naturel. Le risque zéro n’existe pas, mais des actions préventives peuvent atténuer les impacts des incendies.

Conclusion

Les interventions humaines et la gestion proactive des forêts, comme observé sur le Causse d’Aumelas, sont essentielles pour faire face aux menaces d’incendie. La combinaison de la sylviculture préventive et de la valorisation des ressources naturelles contribue à la résilience des écosystèmes.

Source : Midi Libre

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