Au Pakistan, des femmes DJ occupent une scène électronique en plein essor
Le Pakistan, souvent perçu comme un pays aux valeurs traditionnelles, voit émerger une scène musicale électronique à Karachi, sa plus grande ville. Cette évolution est marquée par l’arrivée croissante de femmes DJ, défiant les tabous socioculturels.
Dans un contexte de clandestinité
La nuit à Karachi, les basses résonnent dans une villa en bord de mer où une centaine de jeunes dansent, éclairés par des stroboscopes. Ces événements, soigneusement organisés, sont clandestins. Chiara, une DJ de 23 ans, témoigne que la présence de femmes dans ce milieu a considérablement augmenté ces dernières années. Cependant, la scène électronique est souvent perçue comme immorale, associée à des comportements jugés inappropriés dans une République islamique.
Nouveaux concepts de fête
Face à la répression des autorités, qui mènent des opérations contre l’alcool et les drogues, un nouveau format de fête a vu le jour : les « fêtes sobres » ou « halal », organisées en journée. Ces événements, tolérés par les autorités, permettent à un public plus large de profiter de la musique sans les stigmates associés aux soirées nocturnes. Sarah Aijaz, actrice et DJ, souligne que ces fêtes offrent un cadre plus sûr pour les femmes.
Inégalités persistantes
Malgré cette avancée, les femmes DJ proviennent souvent de milieux urbains privilégiés, disposant de ressources pour s’affranchir des normes sociales restrictives. Dans un pays où l’égalité des sexes reste un défi, ces femmes représentent une nouvelle génération qui cherche à redéfinir les rôles dans la société pakistanaise.
Source : RFI


