« Star Trek » et l’étrangeté des exoplanètes : 60 ans d’imagination et de découvertes
Le 8 septembre 1966, une date marquante dans l’histoire de la télévision, « Star Trek » a été diffusé pour la première fois, plongeant les téléspectateurs américains dans un univers spatial riche et varié. À l’époque, aucune exoplanète — ces mondes au-delà de notre système solaire — n’avait été découverte. Pourtant, la série a captivé les audiences avec des planètes désertiques, des mondes océaniques et des couchers de soleil binaires.
Soixante ans plus tard, les astronomes ont confirmé l’existence de plus de 6 000 exoplanètes. Mais comment ces mondes fictifs de « Star Trek » se comparent-ils à ceux que la science a réellement découverts ?
Parmi les planètes emblématiques de la série, Vulcan, la planète natale de Spock, est souvent citée. Elle est censée orbiter 40 Eridani A, une étoile située à environ 16 années-lumière de la Terre. En 2018, des astronomes ont annoncé la possibilité d’une planète en orbite autour de cette étoile, surnommée Vulcan. Cependant, des recherches ultérieures ont révélé que le signal observé était probablement causé par l’activité stellaire, et non par une planète réelle.
Malgré l’absence de Vulcan, des planètes rocheuses chaudes existent bel et bien autour d’autres étoiles. Beaucoup d’entre elles orbitent si près de leur étoile qu’elles complètent leur révolution en moins d’une journée terrestre, avec des surfaces potentiellement en fusion et des atmosphères chargées de roches vaporisées.
En contraste avec Vulcan, « Star Trek » a également imaginé des planètes recouvertes d’eau. Un exemple notable est « The Waters » de l’épisode « Thirty Days » de Voyager, une sphère d’eau maintenue par un champ de confinement. Bien que cela diffère de ce que les astronomes désignent comme un monde aquatique, des candidates comme TOI-1452 b, une super-Terre orbitant une étoile naine rouge, pourraient contenir une proportion d’eau bien supérieure à celle de la Terre.
Un autre aspect que « Star Trek » a anticipé est l’existence de planètes orbitant autour de deux étoiles, comme Risa. La première planète confirmée dans un système binaire, Kepler-16 b, a été identifiée, mais il s’agit d’une géante gazeuse froide, non propice à l’observation de paysages idylliques.
Les découvertes récentes révèlent que la réalité dépasse souvent la fiction. Par exemple, WASP-76 b, une géante gazeuse ultra-chaude, possède une journée si brûlante que le fer s’évapore, créant potentiellement une « pluie de fer » sur sa face nocturne. De même, 55 Cancri e, une super-Terre, pourrait être recouverte d’un océan de magma.
« Star Trek » a souvent imaginé des planètes en modifiant des caractéristiques familières, mais la nature a montré qu’elle peut créer des mondes avec des combinaisons de température, de gravité et de chimie que les scénaristes de 1966 n’auraient jamais pu envisager. Ce qui est le plus remarquable dans « Star Trek », c’est sa capacité à prédire que notre galaxie est peuplée de planètes variées, méritant d’être explorées, même si elles ne ressemblent pas à la Terre.
En somme, « Star Trek » a ouvert la voie à une exploration de mondes étranges, et soixante ans plus tard, la réalité nous montre que ces mondes sont souvent encore plus étranges que ce que les écrivains auraient pu imaginer.
Source : Space.com

