Se lever tôt n’est pas bon pour les adolescents
Déposer les enfants à l’école aux aurores pour pouvoir ensuite aller à l’heure au travail est devenu la norme dans de nombreux systèmes éducatifs. Cependant, ces horaires, pratiques pour les adultes, sont-ils réellement optimaux pour les adolescents ?
Au printemps dernier, une étude menée par des scientifiques suisses a examiné un lycée où les élèves choisissent de commencer les cours à 7h30, 8h ou 8h30. Les résultats ont été comparés à ceux d’autres lycées suisses où les cours commencent à 7h20. Les jeunes qui débutent leurs journées à 8h30 affichent une meilleure santé physique et psychologique ainsi que de meilleures performances académiques, notamment en mathématiques et en anglais. En se levant plus tard, ils bénéficient de 40 minutes de sommeil supplémentaires.
Il est également important de noter que les adolescents ont des difficultés physiologiques à se coucher tôt, leur horloge interne étant décalée d’une à trois heures par rapport à celle des adultes. Un manque de sommeil de 8 à 10 heures peut affecter leurs capacités intellectuelles, leur bien-être et leur santé mentale, avec 20 à 40 % d’entre eux présentant des signes de souffrance psychologique.
Cette étude suisse s’inscrit dans un vaste corpus de recherches et d’expérimentations menées à l’échelle mondiale, qui révèlent que même un gain de 15 minutes de sommeil peut avoir un impact significatif sur la santé des adolescents. Contrairement à une dette financière, la dette de sommeil ne peut pas être compensée par des nuits prolongées durant le week-end.
Malgré le consensus scientifique sur l’impact négatif des horaires de cours matinaux, peu d’institutions scolaires ou de décideurs politiques semblent en tenir compte. Toutefois, des progrès sont réalisés dans certains pays. Par exemple, l’Estonie prévoit de décaler le début des cours à 9 heures à partir de la rentrée 2026.
Source : Étude scientifique suisse

