Il faudrait qu’on mette 10 ou 15 épaves !

Lancé en 2021, un projet à La Ciotat vise à régénérer la biodiversité marine tout en stimulant l’économie locale. Il prévoit d’immerger une épave de bateau militaire pour la transformer en récif artificiel. Cependant, les acteurs locaux se heurtent à la législation maritime internationale, qui interdit de couler des navires en mer Méditerranée.

Marc Mannoni, président du Groupement de pêche et d’études sous-marines (GPES) et initiateur du projet, évoque l’importance de cette immersion : « Dès qu’on pose un récif artificiel, la vie va se développer autour ». Les récifs artificiels, comme les épaves, pourraient contribuer à ralentir la perte de biodiversité, selon Philippe Lenfant, professeur en écologie marine à l’université de Perpignan.

Néanmoins, l’impact environnemental d’une épave n’est pas uniquement positif. Philippe Lenfant souligne qu’elle « ne va pas rendre tous les services qu’une zone naturelle va donner » et pourrait même nuire au substrat sableux essentiel pour certaines espèces.

Les retombées économiques de ce projet semblent plus évidentes. Mannoni estime que l’immersion d’un navire récif pourrait attirer davantage de plongeurs, prolongeant la saison de plongée de deux mois, notamment entre janvier et mars. La destruction récente de l’épave d’un avion de guerre P38 dans la baie des Lecques a suscité des déceptions au sein de la communauté des plongeurs.

Les pêcheurs locaux, comme Gérard Carrodano, soutiennent également le projet, arguant que l’immersion d’épaves pourrait améliorer leur activité face à la pêche industrielle. « Il faudrait même qu’on mette 10 ou 15 épaves ! », plaide-t-il.

Actuellement, la Convention de Barcelone, qui protège la Méditerranée contre la pollution, interdit de couler volontairement un navire. Cependant, des exemples à Malte montrent que cette pratique existe déjà. Marc Mannoni souligne que la marine nationale démantèle environ vingt navires de guerre chaque année, qui pourraient être utilisés pour repeupler les mers.

Un dossier a été soumis au ministère de la Mer et de la Pêche, dont la réponse est attendue pour septembre. Mannoni se montre optimiste, affirmant que le ministère voit le projet d’un bon œil.

Source : France 3 Provence-Alpes

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