Ils piègent un pédocriminel en se faisant passer pour une fillette de 12 ans : qui sont Les enfants d’Argus ?
Un homme a été condamné à huit mois de prison par le tribunal de Rennes après avoir cru échanger sur les réseaux sociaux avec une fillette de 12 ans. En réalité, il discutait avec une association de lutte contre la pédocriminalité, qui a signalé son cas et des centaines d’autres à la justice.
Pour cette opération, la fausse jeune fille avait été nommée Lisa, une enfant virtuelle créée par l’association Les enfants d’Argus. Sur son profil, Lisa était domiciliée à Poitiers, tandis que d’autres profils étaient associés à des villes comme Strasbourg, Nice ou Brest. L’association veille à ne jamais donner à ses enfants virtuels les traits d’un être réel, évitant ainsi toute mise en scène inappropriée.
Un chauffeur routier de Redon, en Ille-et-Vilaine, a ainsi établi un contact avec Lisa. Les échanges ont rapidement pris une tournure inquiétante, évoquant des propos inappropriés et l’envoi de contenus pornographiques.
Cédric Teynat, président de l’association, explique que les demandes d’amis viennent toujours de l’extérieur et que les réponses affluent rapidement. En créant un profil, il est courant de recevoir une vingtaine de demandes d’amis dès le lendemain, et jusqu’à 150 à la fin de la semaine, majoritairement de la part d’hommes.
Fondée il y a six ans, l’association Les enfants d’Argus a pour objectif de traquer les comportements déviants en ligne. Lors de sa première année, elle a signalé 18 cas à la justice, ce chiffre ayant grimpé à une soixantaine l’année dernière et à une centaine cette année. Teynat souligne que les enfants sont très présents sur des plateformes comme TikTok et Facebook, souvent dans des groupes liés à leurs passions, rendant leur protection d’autant plus cruciale.
Les bénévoles de l’association, formés pour cette mission, observent des comportements déviants allant de conversations innocentes à des demandes explicites de contenus sexuels. Le cas du père de famille de Redon, qui a envoyé des images inappropriées à la fausse Lisa, illustre bien cette problématique.
L’association ne se rend jamais aux rendez-vous proposés par ces individus, mais alerte la justice pour procéder aux interpellations. Les condamnations, bien qu’appréciées, sont souvent jugées trop légères par Teynat, qui rappelle que les victimes, elles, portent des bless à vie.
Source : France 3 Régions

