“Des enfants grandissent dans l’instabilité partout, pas seulement à l’autre bout du monde”

Des enfants grandissent dans l’instabilité partout, pas seulement à l’autre bout du monde

Portland, États-Unis. Mikal vit depuis toujours dans la misère avec ses parents. Filmé pendant huit ans par la Norvégienne Monica Strømdahl, il est le héros du poignant documentaire “Mikal, grandir et s’en sortir”, à voir sur Arte.

Le taux de pauvreté officiel aux États-Unis est de 11,5 %. Cela représente environ trente-quatre millions de personnes. Près d’un enfant sur dix vit dans un ménage dont au moins un parent est alcoolique. Ces chiffres illustrent une réalité alarmante, celle de nombreux enfants américains, dont Mikal, dont la vie précaire est dépeinte dans le documentaire de Strømdahl.

La réalisatrice, photographe de formation, a commencé à documenter cette Amérique des laissés-pour-compte en 2005. En 2017, elle rencontre Mikal, alors âgé de 11 ans, dans un hôtel bon marché à Portland. Après plusieurs semaines d’observation, elle réalise que Mikal représente une voix unique parmi les enfants qu’elle a rencontrés, vivant dans la même chambre d’hôtel depuis sa naissance.

L’impact de cette situation sur l’enfance est profond. Mikal est souvent contraint de se comporter en adulte, tout en étant enfermé dans un environnement chaotique. La réalisatrice souligne qu’il est essentiel de montrer cette réalité sans voyeurisme, afin de capturer l’atmosphère suffocante de sa vie quotidienne.

Monica Strømdahl a également observé une évolution dans la clientèle des hôtels modestes, où des familles entières, auparavant marginalisées, se retrouvent désormais en raison de la crise du logement croissante. En Norvège, elle partage son documentaire avec des associations qui aident les familles en difficulté, rappelant que, même dans des systèmes sociaux plus favorables, des enfants comme Mikal existent partout.

En 2020, le tournage est interrompu par la tragédie de la mort de la mère de Mikal, mais après une pause, la dynamique familiale commence à changer. Jason, le père, stoppe sa consommation d’alcool et s’investit dans son rôle de parent. Le film se termine sur une note d’espoir, avec Mikal ayant terminé le lycée et se préparant à un nouvel avenir.

Mikal, grandir et s’en sortir, mardi à 0.35 sur Arte et sur Arte.tv.

Source : Télérama

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