« Un coupe-feu naturel » : avec leurs brebis, ils et elles freinent les incendies

Monts d’Arrée (Finistère), reportage

Dans les Monts d’Arrée, Cécile Becquart, éleveuse de brebis, incarne une forme de résilience face aux feux de forêt. Sur le Tuchenn Kador, cette montagne bretonne de 385 mètres, elle a récemment retrouvé ses brebis dans un paysage verdoyant, contrastant avec l’état noirci de 2022, lorsque la région a été ravagée par des incendies. En effet, 1 725 hectares ont été détruits, dont 1 100 hectares de landes et 380 hectares de tourbières.

Moins de carburant pour les feux

Actuellement, les brebis pâturent sur 4 hectares de landes, contribuant à réduire la biomasse inflammable qui pourrait alimenter de futurs incendies. Cécile et son compagnon Clément ont observé depuis 2015 une intensification des conditions climatiques extrêmes, rendant chaque année atypique. En 2022, la chaleur et le manque d’eau ont exacerbé les difficultés, poussant certains animaux à revenir au foin plus tôt que prévu.

Les éleveurs, tels que Cécile, notent que les zones où les animaux ont pâturé ont mieux résisté au feu. Un pâturage régulier permet de maintenir la lande ouverte et d’éviter l’accumulation de végétation sèche, réduisant ainsi le risque d’incendie. Le Parc naturel régional d’Armorique (PNRA) encourage cette pratique, cherchant à réintroduire le pâturage dans des zones longtemps négligées.

Le retour de la faux

En parallèle, Daniel Marhic, agriculteur, fauche entre 8 et 10 hectares par an pour maintenir ces espaces. Sa récolte, destinée à la litière et potentiellement comme complément alimentaire pour ses vaches, est d’une importance économique. Le budget du PNRA a permis de restaurer près de 400 hectares de landes et tourbières entre 2021 et 2025, dépassant l’objectif initial de 200 hectares.

Ce programme, d’un coût total de 1,647 million d’euros, illustre l’effort collectif pour préserver un écosystème fragile. Toutefois, seulement une quarantaine d’agriculteurs entretiennent environ 1 000 hectares sur les 10 000 disponibles, soulignant la nécessité de renforcer les collaborations entre propriétaires, agriculteurs et collectivités pour maintenir ces pratiques.

Les enjeux ne se limitent pas à la prévention des incendies. Ils incluent également la conservation de la biodiversité et la gestion des ressources en eau, essentielles pour l’avenir de cette région.

Source : Reporterre

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