Reportage : « Moi aussi, je veux aller dans l’espace ! »
Une nouvelle graine de curiosité germe dans l’esprit des enfants de la maternelle Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris. Le mardi 2 juin, l’enseignante Amandine Dumesnil présente les résultats de l’expérience ChlorISS à ses élèves de petite section. Cette manipulation botanique, lancée dix jours plus tôt, a été réalisée simultanément par l’astronaute française Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et par environ 260 000 élèves à travers la France.
L’expérience consiste à faire germer des graines d’arabette des dames et de mizuna pour « suivre leur croissance dans différentes conditions de lumière, » explique le Centre national des études spatiales (CNES). L’objectif est de comparer la croissance des graines en impesanteur avec celles sur Terre afin de « déduire les effets de la gravité et de la lumière sur la germination et la croissance des végétaux. »
Ce projet s’inscrit dans le cadre des plantations pédagogiques que l’enseignante initie chaque printemps. Les plants de cette année, ayant résisté à une vague de chaleur précoce en mai, sont exposés près de la porte de la classe. Amandine Dumesnil, diplômée en 2016, explique : « On a un programme à suivre, mais à côté, on peut faire un peu comme on l’entend. »
Pour rendre l’expérience accessible aux élèves de petite section, la professeure a créé une lettre fictive de Sophie Adenot, qui explique : « En ce moment, je vis tout là-haut, dans le ciel, dans une grande maison qui flotte et qui tourne autour de la Terre, que l’on appelle ISS. »
Le jour de la présentation, les enfants sont attentifs et enthousiastes. Amandine Dumesnil leur montre la boîte en carton contenant les graines. Les élèves, assis en arc de cercle, écoutent attentivement les explications sur l’expérience. Les graines de mizuna ont bien réagi, tandis que celles d’arabette n’ont pas germé.
Les enfants constatent que les plants de Sophie Adenot, en apesanteur, ont poussé de manière différente, « les plantes se sont tordues, » observe une élève. La professeure explique que « dans l’ISS, tout flotte, » ce qui affecte la direction de la croissance des plantes.
À la fin de la séance, lorsque la professeure demande qui aimerait aller dans l’espace, une forêt de mains se lève. « Moi aussi, je veux aller dans l’espace ! » s’exclame Gabin, tandis que Théodora ajoute : « Plus tard, je veux y aller. » Ainsi, les graines d’astronautes ont déjà germé dans le cœur de ces jeunes élèves.
Source : Franceinfo
