Après les robots humanoïdes et les assauts automatisés, le front ukrainien franchit la ligne rouge de l’autonomie létale. Selon une enquête de New Scientist, des drones dopés à l’IA ont, pour la première fois, éliminé des soldats sans aucune validation humaine.
Le conflit en Ukraine a franchi une étape technologique majeure, marquée par l’utilisation de drones autonomes capables d’agir sans supervision humaine. Ce développement soulève des questions cruciales sur l’avenir de l’art de la guerre.
Des drones aériens dotés d’intelligence artificielle ont tué des soldats dans la région de Bakhmout, sans intervention humaine. Ce test, qui a eu lieu dans le plus grand secret, impliquait dix quadricoptères expérimentaux. Leur mission consistait à voler vers la ligne de front sur une distance de 3 à 5 kilomètres, avant de passer en « mode Terminator », coupant toutes les communications avec leur base.
Le contexte opérationnel a conduit à cette décision : la saturation du champ de bataille par la guerre électronique rend difficile le maintien de connexions radio fiables. Cette méthode a permis aux drones de fonctionner sans interférence, mais cela signifie également qu’ils ont agi de manière autonome, sans certitude sur la qualité des cibles.
Les retours des missions confirment que l’intelligence artificielle était responsable des frappes, bien que l’absence d’images embarquées complique la validation des résultats. Un bilan préliminaire indique qu’un camion a été détruit et plusieurs soldats russes tués, sans précision sur le nombre exact de victimes.
Cette évolution remet en question la doctrine militaire ukrainienne, qui stipule que l’humain doit rester dans la boucle lors de l’engagement des cibles. Bien que cette expérience ne signifie pas un abandon total de cette règle, elle montre une tendance croissante vers l’autonomisation sur le champ de bataille.
Source : New Scientist
