Hôtels, limousines, restos : des députés de Doug Ford ont-ils abusé des règles ?
En pleine saison de feux de forêt et de crise tarifaire, le premier ministre Doug Ford doit gérer une crise interne dans son parti. Des députés progressistes-conservateurs ont soumis des dizaines de milliers de dollars en frais d’hôtels, de restaurants et de vols. Mais ont-ils eu tort ?
Deux types de dépenses sont sous le feu des projecteurs depuis deux semaines : les frais pour « circonstances exceptionnelles » et les frais d’associations de circonscription. La règle des « circonstances exceptionnelles » permet aux députés vivant à proximité de Queen’s Park de réserver une chambre d’hôtel pour des cas particuliers, comme une tempête de neige ou une séance très tardive de l’Assemblée législative.
C’est en vertu de cette règle que l’ex-ministre Stan Cho a facturé plus de 16 000 $ en frais d’hôtel depuis 2023, malgré une résidence à six kilomètres de Queen’s Park. Il a depuis remis sa démission du Cabinet et s’est engagé à rembourser ces frais. D’autres membres du caucus progressiste-conservateur ont également eu recours à cette règle, des dépenses jugées « inacceptables » par Doug Ford, qui leur a demandé de rembourser l’intégralité des sommes.
Un mémo interne obtenu par Global News encourageait même les députés à recourir à ces remboursements pour les séances tardives, afin de maintenir leur majorité lors de votes importants. Les partis d’opposition se vantent de ne pas avoir eu recours à ces fonds lors des longues soirées à l’Assemblée.
Les dépenses de Stan Cho ne sont pas isolées. Les états financiers de son association de circonscription montrent de nombreuses dépenses dans des restaurants, ainsi que des frais d’avion et d’hôtel. Ces dépenses, bien qu’approuvées par la cheffe de la direction financière de son association, soulèvent des questions sur leur pertinence pour la préparation à la prochaine élection dans Willowdale.
Les associations de circonscription, qui sont des organisations privées affiliées aux partis, doivent rapporter leurs états financiers à Élections Ontario chaque année. Cependant, elles peuvent dépenser leurs fonds comme bon leur semble, ce qui peut inclure des sommes importantes pour des événements de levée de fonds. Cela donne lieu à des critiques, notamment de la part des libéraux, qui parlent d’une tendance aux abus.
Parallèlement, le député de Brampton-Est, Hardeep Grewal, est accusé d’avoir utilisé l’argent des contribuables pour acheter des publicités dans le Punjabi Post, un journal dirigé par son père. La cheffe du NPD, Marit Stiles, a déposé une plainte auprès de la commissaire à l’intégrité pour examiner ce cas. La Loi de 1994 sur l’intégrité des députés interdit de prendre des décisions favorisant un intérêt personnel.
Ces révélations mettent en lumière des pratiques qui pourraient avoir des répercussions sur l’image du gouvernement de Doug Ford, alors que les députés sont appelés à justifier leurs dépenses.
Source : Radio-Canada
