Des cristaux vieux de 4 milliards d’années suggèrent que la Voie lactée a influencé la naissance des continents
Les manuels scolaires attribuent traditionnellement la formation des continents à la seule mécanique interne de la Terre. Cependant, une nouvelle étude menée par des géologues australiens propose une perspective différente, suggérant que des facteurs extérieurs, notamment galactiques, ont joué un rôle significatif dans ce processus.
La formation des continents suivrait un rythme venu de la galaxie
Sous nos pieds, la croûte continentale s’est formée par à-coups plutôt que de manière continue. D’après une recherche publiée dans Earth and Planetary Science Letters en 2026, ces poussées de croûte seraient liées à un rythme d’origine galactique. Chris Kirkland, géologue à la Curtin University de Perth, a dirigé cette étude qui s’appuie sur les plus anciens minéraux terrestres.
L’équipe a analysé des zircons provenant de onze cratons archéens à travers le monde. Ces blocs représentent les noyaux anciens et rigides des continents actuels. Les chercheurs ont mesuré deux familles d’isotopes : le hafnium, qui indique les épisodes de formation de croûte nouvelle, et l’oxygène, qui révèle le remaniement des roches de surface. Ces séries ont été confrontées aux âges de cratères datés sur Terre et sur la Lune.
Le calendrier du Système solaire entre alors en jeu. Notre étoile effectue un tour de la Voie lactée tous les 250 millions d’années environ, traversant les bras spiraux tous les 150 à 200 millions d’années. Les pics de production de croûte coïncident avec ces passages, tout comme les pics de cratères.
Des comètes du nuage d’Oort auraient frappé la Terre primitive
Pour expliquer le lien entre la structure galactique et la Terre, le nuage d’Oort est mentionné comme intermédiaire. Cette vaste coquille de corps glacés entoure le Système solaire et s’étend à des milliers de fois la distance entre le Soleil et Pluton. La plupart des comètes à longue période en proviennent.
Dans les bras spiraux, le gaz, la poussière et les étoiles s’accumulent, rendant les forces gravitationnelles plus fortes. Cela pourrait déloger certains corps glacés du nuage, qui fileraient vers le Système solaire interne et percuteraient la Terre. Ces impacts géants auraient alors fait fondre le manteau et produit les premiers fragments stables de croûte continentale.
Les zircons gardent la mémoire de la formation des continents
La Terre primitive a presque tout effacé, l’érosion et le recyclage de la croûte ayant détruit la majorité des roches d’origine. Le zircon, un minéral résistant, conserve cependant la chimie du milieu où il s’est formé, offrant une archive continue sur plusieurs milliards d’années.
Les chercheurs restent prudents quant à leurs conclusions. Un pic de zircons peut également résulter de causes internes, comme une subduction ou une collision de continents. De plus, reconstruire l’orbite galactique du Soleil sur des milliards d’années demeure incertain. Toutefois, un facteur distinct sépare les deux scénarios : un déclencheur externe frapperait plusieurs cratons éloignés simultanément, alors qu’une cause interne affecterait une région à la fois.
Les futures recherches sur des mondes comme Mars ou la Lune pourraient valider cette hypothèse.
Source : Earth and Planetary Science Letters, 2026
