Des chercheurs manipulent des pathogènes dangereux pour développer des traitements en laboratoire.

Peste, anthrax… Dans un nouveau labo, ces chercheurs manipuleront de dangereux pathogènes :

Peste, anthrax… Dans un nouveau laboratoire, ces chercheurs manipuleront de dangereux pathogènes : « On ne veut pas créer d’armes mais des traitements »

Un nouveau laboratoire de l’UCLouvain, conçu pour manipuler et analyser des virus et des bactéries potentiellement mortels, a récemment ouvert ses portes. Ce laboratoire, qui se classe au niveau de biosécurité 3 (sur une échelle de 4), est unique en son genre. Il combine des techniques classiques de microbiologie avec des technologies avancées, notamment un microscope à force atomique, permettant d’étudier les interactions entre agents pathogènes et cellules humaines.

Actuellement, une dizaine de laboratoires en Belgique disposent du niveau de biosécurité 3, mais celui-ci est le deuxième au monde à intégrer ces technologies de pointe. Selon Annika Gillis, biologiste moléculaire et initiatrice du projet, cela permettra aux chercheurs de travailler directement avec les véritables pathogènes, plutôt que sur des modèles inoffensifs.

Jusqu’à présent, les scientifiques devaient se contenter de virus modèles, qui ne reproduisent pas toujours fidèlement le comportement des pathogènes réels. Avec cette nouvelle infrastructure, ils pourront tester des stratégies de lutte sur les vraies souches, garantissant ainsi leur efficacité.

David Alsteens, un autre chercheur impliqué dans le projet, souligne l’importance de cette avancée pour la recherche sur des virus tels que le Sars-Cov-2 et d’autres coronavirus. Le laboratoire permettra aussi de développer des traitements préventifs, comme un spray nasal pour bloquer divers virus respiratoires.

Les travaux ne se limiteront pas à la santé humaine. Annika Gillis s’intéresse également aux bactéries historiques comme l’anthrax et la tuberculose, ainsi qu’à des souches résistantes aux antibiotiques comme Klebsiella. En utilisant des bactériophages, des virus qui infectent spécifiquement les bactéries, elle espère développer des traitements ciblés.

Les chercheurs insistent sur le fait que leur objectif n’est pas de créer de nouveaux virus, mais d’utiliser ceux qui existent déjà pour anticiper de futures épidémies. Le laboratoire, financé à hauteur de 3 millions d’euros par la Région wallonne, sera également accessible à d’autres chercheurs et entreprises, favorisant ainsi la collaboration dans le domaine biopharmaceutique.

Cette initiative pourrait avoir des implications significatives pour la santé publique et la recherche, en offrant des solutions innovantes pour lutter contre des pathogènes menaçants.

Source : La Libre Belgique

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