Des médicaments fonctionnant comme un cheval de Troie pourraient révolutionner la lutte contre le cancer
Une étude publiée début 2019 a mis en lumière le potentiel du tisotumab vedotin, également connu sous le nom de « TV », un médicament qui agit comme un « cheval de Troie », infiltrant les cellules tumorales pour les détruire de l’intérieur. Cette recherche, menée par des scientifiques de l’Institut du cancer de Londres et du Royal Marsden NHS Foundation Trust, a montré des résultats prometteurs dans un essai clinique de phase I/II impliquant 150 patients atteints de six types de cancers différents, pour lesquels les traitements classiques n’étaient plus efficaces.
Des tumeurs freinées, voire réduites
L’essai a commencé avec 27 patients pour évaluer l’innocuité du traitement et déterminer la dose appropriée, puis a été élargi à 120 autres, tous atteints de cancers avancés et résistants à trois traitements. Les résultats ont été significatifs, avec des tumeurs en diminution ou en arrêt de croissance chez 27 % des patients atteints de cancer de la vessie, 26,5 % de cancer du col de l’utérus, 14 % de cancer de l’ovaire, 13 % de cancer de l’œsophage, 13 % de cancer du poumon non à petites cellules et 7 % de cancer de l’endomètre. Les cancers de la prostate ne semblaient pas répondre favorablement à ce traitement.
Un mécanisme d’action inédit
Le mécanisme d’action du tisotumab vedotin repose sur l’association d’une molécule toxique fixée à un anticorps, conçu pour cibler un récepteur appelé « facteur tissulaire », présent à la surface de nombreuses cellules cancéreuses. En se liant à ce récepteur, le médicament est dirigé à l’intérieur de la cellule tumorale, où il peut agir pour la détruire. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue The Lancet Oncology, soulignant l’importance de ce traitement innovant pour des cancers à faible taux de survie.
Une promesse depuis confirmée
Le tisotumab vedotin, commercialisé sous le nom de Tivdak, a reçu en avril 2024 l’approbation complète de la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour le traitement du cancer du col de l’utérus récurrent ou métastatique. En mars 2025, la Commission européenne a également autorisé ce traitement, qui est le premier conjugué anticorps-médicament approuvé contre ce type de cancer. En décembre 2025, l’agence britannique du médicament a suivi cette tendance d’approbation.
Cette avancée représente une nouvelle option thérapeutique pour des patientes dont les alternatives étaient jusqu’alors limitées, ouvrant ainsi des perspectives encourageantes dans la lutte contre le cancer.
Source : Futura Sciences