Cancer colorectal : mise en lumière de mécanismes biologiques inattendus
En 2023, 47 582 nouveaux cas de cancer colorectal ont été rapportés en France, faisant de cette maladie le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes et le troisième chez les hommes. De plus, il représente la troisième cause de décès par cancer dans le pays. La mortalité liée à ce cancer a diminué depuis 1980. La prévention repose sur la détection précoce et l’ablation des lésions précancéreuses, des mécanismes immunitaires dans ces lésions étant encore mal compris. Lorsqu’il est détecté à un stade précoce, le cancer colorectal a un taux de guérison de 90 %.
Pour approfondir cette problématique, une équipe de recherche de l’Inserm, de Sorbonne Université et de l’Université Paris Cité a établi un lien entre l’activité immunitaire dans le microenvironnement des lésions précancéreuses, la fréquence de développement des polypes et le risque de cancer colorectal. Ces travaux ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine, ouvrant la voie à l’identification de nouveaux marqueurs biologiques pour le développement de nouvelles immunothérapies.
Le dépistage précoce du cancer colorectal est essentiel pour identifier rapidement les anomalies. Il repose sur un test immunologique qui détecte la présence de sang invisible dans les selles. En cas de résultat positif, une coloscopie est réalisée pour confirmer les résultats. Ce dépistage est recommandé tous les deux ans pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, sans antécédents de polypes ou de cancers.
Les chercheurs ont analysé le microenvironnement de 258 lésions précancéreuses chez 69 patients n’ayant pas de facteurs de risque identifiés. Ils ont constaté que les lésions des patients avec une faible fréquence de polypes étaient associées à une immunosurveillance renforcée. Cette immunosurveillance se caractérisait par une forte présence de cellules immunitaires antitumorales et des structures lymphoïdes plus matures.
Les résultats indiquent que ce profil immunitaire peut se développer très tôt, dès l’apparition du premier polype, ce qui pourrait contribuer à l’immunosurveillance des cancers naissants. Les lésions présentant une faible fréquence de polypes avaient également des profils d’activité génétique indiquant une immunosurveillance antitumorale active, avec une expression accrue d’ARN non codants.
Ces ARN non codants pourraient jouer un double rôle en préservant les mécanismes de régulation des gènes et en orchestrant l’immunosurveillance antitumorale. Les chercheurs émettent l’hypothèse que ces ARN pourraient faciliter la reconnaissance des cellules précancéreuses par le système immunitaire, limitant ainsi le développement de polypes.
En identifiant de nouveaux marqueurs biologiques, il pourrait être possible de développer de nouvelles stratégies de prévention contre le cancer colorectal.
Source : De la lésion précancéreuse au cancer colorectal, la mise en lumière de mécanismes biologiques inattendus, Communiqué de l’Inserm.
