Des IA créent déjà de nouveaux virus biologiques, et c’est très inquiétant
Une récente étude publiée dans la revue Science révèle que des chercheurs de l’université Stanford ont utilisé un modèle d’intelligence artificielle, nommé Evo, pour concevoir de nouveaux bactériophages, des virus spécifiques aux bactéries. Sur les milliers de génomes candidats générés, seize se sont avérés viables, avec trois d’entre eux surpassant un phage naturel dans leur efficacité contre la bactérie Escherichia coli.
Le modèle Evo diffère des outils classiques, car il écrit des génomes entiers plutôt que de prédire la forme d’une protéine isolée. En laboratoire, les chercheurs ont synthétisé près de trois cents de ces génomes et les ont testés, démontrant ainsi la capacité de l’IA à développer des solutions innovantes face à l’antibiorésistance croissante.
Cependant, cette avancée soulève des inquiétudes au sein de la communauté scientifique. Un commentaire d’accompagnement par des chercheurs de Johns Hopkins souligne que, bien que la technologie existe, la gouvernance nécessaire pour encadrer son utilisation est insuffisante. Actuellement, les entreprises qui fabriquent de l’ADN sur commande ne sont pas légalement tenues de vérifier les séquences et l’identité de leurs clients.
L’antibiorésistance, qui cause déjà un million de décès par an, pourrait devenir la première cause de mortalité d’ici 2050, selon des prévisions. Cette situation critique incite des entreprises, comme la start-up française Phagos, à développer des traitements basés sur des phages en utilisant l’IA.
Bien que les phages développés par cette étude soient inoffensifs pour les cellules humaines, la démonstration que des virus peuvent être conçus de manière ciblée soulève des questions éthiques et de sécurité. Les chercheurs expriment leur préoccupation quant à la possibilité que d’autres équipes puissent choisir des cibles moins prudentes à l’avenir.
Source : Science



