Un chiffre « inacceptable » : des centaines d’enfants dorment encore à la rue dans les Hauts-de-France
La région Hauts-de-France est l’une des plus touchées par le sans-abrisme des enfants, selon le baromètre « Enfants à la rue » de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et de l’UNICEF France, publié le 26 août 2026. À l’approche de la présidentielle de 2027, ces deux organismes appellent les candidats à prendre en compte cet enjeu crucial.
Dans la nuit du 18 au 19 août 2026, au moins 2 355 enfants en France n’ont trouvé aucune solution après que leurs parents ont appelé le 115, dont 514 avaient moins de trois ans. En Hauts-de-France, 233 enfants ont dormi à la rue cette même nuit, un chiffre qualifié d’« inacceptable » par Lise Delarue, vice-présidente de la FAS Hauts-de-France. En mai, 419 familles ont vu leurs demandes d’hébergement au 115 rester sans réponse, plaçant la région au troisième rang des plus touchées, après l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Depuis 2022, le nombre d’enfants sans solution d’hébergement a augmenté de 65 % dans la région. Dans le département du Nord, une concentration importante des besoins a été observée, avec 3 003 demandes d’hébergement d’urgence en juin 2026, dont 2 701 n’ont pas reçu de réponse positive. Parmi ces demandes, 749 concernaient des mineurs, dont 268 avaient moins de quatre ans.
Ces chiffres ne rendent pas compte de la réalité complète, car de nombreuses familles ne sollicitent pas le 115. De plus, les mineurs non accompagnés et ceux vivant dans des conditions précaires, comme des tentes ou des voitures, ne sont pas inclus dans ces statistiques. Le manque de places en hébergement d’urgence et en logements sociaux oblige souvent les professionnels à établir des critères de priorisation, ce qui limite l’accès à l’hébergement pour de nombreuses familles.
À Amiens, des bénévoles du Réseau éducation sans frontières (RESF 80) constatent chaque jour l’absence de solutions pour de nombreuses femmes et enfants. L’une d’elles, arrivée d’Angola avec ses deux fils, exprime son inquiétude face à l’incertitude de leur situation. Les équipes de FAS et d’UNICEF France réclament la création de 10 000 places d’hébergement supplémentaires et un plan de construction de 200 000 logements sociaux par an.
Cette situation soulève des questions sur l’engagement du gouvernement, qui avait promis de ne plus avoir d’enfants à la rue. Huit ans après cette promesse, la FAS et l’UNICEF France espèrent faire de cette problématique un enjeu central de la campagne présidentielle à venir.
Source : FAS – UNICEF France, baromètre « Enfants à la rue », 26 août 2026.

