Reportage : « Ça leur permet de s’évader » : des bus transformés en salon de beauté sillonnent la France pour des femmes en situation de précarité
À son bord, des lavabos, des miroirs et surtout des socioesthéticiennes présentes pour offrir une bulle de détente à de nombreuses femmes qui n’ont ni le temps, ni les moyens de s’offrir ces soins.
De juin à la fin de l’année, deux bus un peu particuliers traversent le territoire. Ces véhicules aménagés en salon de beauté ont été financés par la fondation L’Oréal et accueillent des femmes en situation de précarité. L’objectif : aider environ 5 000 d’entre elles au total, d’ici la fin de la tournée annuelle.
À Dijon, le bus rouge et blanc est garé à l’ombre de grands arbres dans un parc tout près du centre-ville. À l’intérieur, deux banquettes roses se font face. Au total, huit places, chacune avec son lavabo et son petit miroir individuel. Toutes sont occupées par des femmes en demande d’asile. Parmi elles, deux sœurs originaires de Côte d’Ivoire, une mère turque et sa fille. L’une ôte son voile, l’autre confie son bébé.
« On va passer une heure ensemble, on va faire un soin du visage », annonce Christine, socioesthéticienne. Elle explique que la socioesthétique est une manière d’accompagner des populations vulnérables à travers le soin. « Les femmes créent du lien, échangent entre elles, il y a une atmosphère de confiance, la parole se libère et circule », détaille-t-elle. Sa présence permet aussi de « proposer des conseils parce que ça peut être des populations qui n’ont pas l’habitude de prendre soin d’elles, qui pensent qu’elles n’ont pas le droit ou pas le temps ».
La séance est truffée de conseils : comment confectionner un gommage chez soi à base de sucre et d’huile d’olive ou comment se masser les mains. Avant de partir, une jeune femme vient glaner quelques conseils supplémentaires. Jenifer, 23 ans, en France depuis deux ans, estime que « c’est important de prendre soin de soi, pour la peau, pour le bien de soi ».
Toutes sortent du bus le visage souriant, visiblement détendues après 60 minutes, loin d’être superflues selon la directrice du pôle social de la Croix Rouge à Dijon, Sandrine Roy. « Ce sont des moments rares, parce que ce ne sont pas des gens qui ont l’habitude de prendre soin d’eux. Ça leur permet de s’évader, de prendre un peu d’estime de soi. Quand elles sortent, elles ont la banane, elles disent 15 fois merci, c’est incroyable », explique-t-elle. Après Dijon, le bus effectuera son prochain arrêt à Belfort et à Besançon.
Source : Franceinfo


