Grâce aux donneurs de voix bénévoles, des personnes malvoyantes ou dyslexiques retrouvent le plaisir de la lecture
Chaque année, l’association les Donneurs de voix de Haute-Vienne enregistre une trentaine de livres audios, documentaires ou ouvrages jeunesse. Les personnes aveugles, malvoyantes, qui ne peuvent plus lire, ou les enfants dyslexiques peuvent en profiter gratuitement à la Bibliothèque sonore de Limoges.
Michelle Nouailles, bénévole pour l’association, se concentre sur sa lecture avec un casque sur les oreilles. Elle enregistre le résumé du livre qu’elle tient dans les mains, sa voix claire et fluide gravée sur un CD qui rejoindra la Bibliothèque sonore de Limoges. Ce catalogue d’ouvrages est accessible gratuitement aux personnes rencontrant des difficultés d’accès à la lecture.
« J’ai démarré l’enregistrement d’un nouveau livre. Pour le présenter, on cite le nom de l’auteur, le titre, l’éditeur, l’année d’édition et, généralement, un résumé pour donner envie de le lire », explique-t-elle. Michelle parvient à enregistrer deux livres par an, un processus qui demande quatre à cinq heures de travail pour une heure de lecture.
L’association compte une vingtaine de « donneurs de voix » à Limoges. Créée en 1977, la Bibliothèque sonore dessert les départements de la Haute-Vienne et de la Creuse. Ses adhérents peuvent emprunter des romans, des documentaires, des revues enregistrées, mais également de la littérature scolaire pour les enfants ayant des troubles cognitifs.
« J’ai une amie, ancienne professeure de littérature, qui ne peut plus lire à cause de problèmes de vue. Elle dit que ça l’a sauvée. Elle ne peut plus lire, alors elle écoute », témoigne Monique Saint-Georges, présidente de la Bibliothèque sonore de Limoges.
Les ouvrages sont enregistrés sur des supports numériques tels que les CD MP3, des clés USB ou des cartes SD, et peuvent être empruntés lors des permanences de la Bibliothèque sonore ou expédiés par voie postale. Michelle ajoute : « On ne sait pas pour qui on lit, mais on lit pour se faire plaisir aussi. »
Pour les personnes malvoyantes comme Martine et Monique, l’accès à ces livres audios est crucial. Elles se rendent tous les deux mois à la BFM pour récupérer de nouveaux CD. « C’est un enrichissement intellectuel, c’est aussi une compagnie, surtout quand on est très malvoyant », témoigne Martine, audiolectrice depuis plus de quarante ans.
À l’échelle nationale, environ 80 000 titres sont enregistrés et disponibles gratuitement pour les personnes ayant des difficultés d’accès à la lecture. Selon Monique Saint-Georges, « passer de la lecture à l’écoute est un pas à franchir » qui n’est pas toujours évident, mais une fois franchi, cela devient addictif.
Source : France 3 Régions


