Les automobilistes surpris en train de jeter leurs mégots par la fenêtre affichés sur les réseaux sociaux – franceinfo

Les automobilistes surpris en train de jeter leurs mégots par la fenêtre affichés sur les réseaux sociaux

Depuis plusieurs jours et plus particulièrement depuis le début des incendies, des internautes dénoncent les automobilistes qui jettent leur mégot par la fenêtre en les filmant, avant de publier les images sur les réseaux sociaux. Entre sensibilisation aux risques d’incendie et dénonciation publique, la pratique fait débat.

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Depuis le début de l’été, et plus encore depuis les incendies de ce mois de juillet, en Gironde et dans les Landes, des vidéos montrant des automobilistes jetant leur mégot par la fenêtre envahissent les réseaux sociaux. Certaines cumulent des milliers de vues, voire dépassent le million.

Le principe est toujours le même : un automobiliste est filmé après avoir jeté son mégot par la fenêtre de sa voiture. Quelques secondes plus tard, un autre conducteur l’interpelle, parfois avec ironie, parfois avec colère. Au-delà de la dénonciation, beaucoup profitent de ces séquences pour rappeler qu’un mégot ne disparaît pas : il peut mettre jusqu’à 15 ans à se dégrader et son filtre en plastique se fragmente en microplastiques toxiques.

Avec les incendies qui ravagent une partie de la France, la colère est immense. Beaucoup ne supportent plus ces comportements, particulièrement en période de sécheresse. Selon l’Observatoire des forêts françaises, neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine. Pour certains internautes, publier ces vidéos est une manière d’alerter et de responsabiliser les automobilistes. D’autres vont encore plus loin : ils zooment volontairement sur les plaques d’immatriculation afin d’identifier publiquement les conducteurs qu’ils jugent irresponsables et les dissuader de recommencer.

Interrogés sur cette pratique, les services de police rappellent qu’elle peut avoir des conséquences juridiques. Diffuser le visage d’une personne, sa plaque d’immatriculation ou tout autre élément permettant de l’identifier peut porter atteinte à sa vie privée ou relever de la diffamation selon le contexte de publication. Autre point de vigilance : lorsqu’une vidéo s’accompagne d’appels à retrouver la personne, à la harceler ou à la désigner publiquement comme coupable, on bascule dans ce que l’on appelle le « name and shame ». Une pratique qui consiste à exposer quelqu’un publiquement pour le couvrir de honte. Là aussi, il peut y avoir des sanctions pénales, pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Pour les forces d’ordre, le bon réflexe reste de signaler ces comportements directement aux autorités, par téléphone ou via la plateforme Ma Sécurité, plutôt que de diffuser les images sur les réseaux sociaux. La vigilance citoyenne est certes encouragée, mais la frontière entre sensibilisation, dénonciation publique et délation peut rapidement devenir très mince.

Source : Franceinfo

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