Deux exoplanètes géantes aux densités surprenantes
Deux exoplanètes, TOI-791 b et TOI-791 c, ont récemment attiré l’attention des astronomes en raison de leurs densités remarquablement faibles, respectivement de 0,038 et 0,047 gramme par centimètre cube. Pour mettre ces chiffres en perspective, la densité de la Terre est de 5,5 g/cm³, tandis que celle de l’eau est de 1 g/cm³. Ces exoplanètes orbitent autour d’une étoile naine de type F7, située à environ 1 110 années-lumière de notre planète, dans la constellation du Poisson volant (Volans).
Avec de telles densités, qui sont inférieures à celle de la barbe à papa (environ 0,05 g/cm³), ces planètes pourraient théoriquement flotter sur un océan géant s’il en existait un à leur échelle. En revanche, des géantes gazeuses comme Jupiter, qui a une densité moyenne de 1,33 g/cm³, ne pourraient pas partager cette caractéristique.
TOI-791 b et TOI-791 c font partie d’un ensemble d’exoplanètes considérées comme « exotiques » et ont été répertoriées par l’Encyclopédie des planètes extrasolaires, fondée en 1995 par l’astronome Jean Schneider de l’observatoire de Paris. Cette découverte souligne l’importance croissante de l’exploration des exoplanètes.
Les deux planètes ont été détectées grâce à la méthode des transits planétaires, qui consiste à observer des variations périodiques de la luminosité d’une étoile lorsqu’une exoplanète passe devant elle. Le satellite TESS de la NASA a d’abord alerté les astronomes, mais des observations supplémentaires ont été nécessaires pour confirmer leur existence. Ces observations ont été réalisées par le télescope Astep, situé en Antarctique, qui a permis d’enregistrer des transits exceptionnels de plus de 11 heures, les plus longs jamais observés depuis le sol.
Les interactions gravitationnelles entre ces planètes ont également été analysées pour affiner les estimations de leurs masses et rayons, ce qui a permis de calculer leurs densités.
Les chercheurs émettent deux hypothèses concernant la formation de ces planètes peu denses. La première suggère qu’elles possèdent de vastes atmosphères d’hydrogène et d’hélium, accumulées dans des régions froides du disque protoplanétaire. La seconde hypothèse propose que leur faible densité apparente pourrait être due à de grands systèmes d’anneaux, augmentant leur taille observée lors des transits.
Cette découverte met en lumière la complexité des systèmes planétaires et l’importance de la collaboration internationale dans l’astronomie, réunissant des observations d’Antarctique, de télescopes spatiaux et d’observatoires à travers le monde.
Source : Futura Sciences
