Des affiches générées par IA suscitent des mécontentements croissants en France.

Ces affiches jaunes et moches générées par IA envahissent nos rues, et ça commence sérieusement à énerver pas mal de monde – franceinfo

Ces affiches jaunes et moches générées par IA envahissent nos rues, et ça commence sérieusement à énerver pas mal de monde

Depuis l’été 2026, les affiches fabriquées en trois clics par intelligence artificielle se multiplient dans les rues françaises. Des bals de pompiers aux vide-greniers, en passant par les menus de fast-food, ces visuels, souvent trop jaunes et identiques, commencent à agacer de nombreux citoyens, au point que des mouvements de résistance s’organisent.

Le phénomène, surnommé la « ChatGPT Flyer Pandemic », a été popularisé par un message viral sur le réseau social Threads. Des journalistes, comme Jason Koebler de 404 Media, ont observé cette tendance à l’échelle mondiale, avec des affiches similaires repérées à Venice Beach, Berlin et même lors de la Fête de l’Humanité en France.

Les affiches générées par IA partagent une esthétique commune, souvent caractérisée par une teinte sépia jaunâtre. Cette couleur est le résultat de ce que les chercheurs appellent la « consanguinité » de l’IA. Les modèles d’IA, alimentés par d’énormes quantités de données, se reproduisent entre eux, amplifiant leurs défauts au lieu de les corriger. Ce phénomène est comparé à l’effet Habsbourg, où des mariages répétés entre cousins accentuent certains traits physiques.

Au-delà de l’esthétique jugée laide, ces affiches soulèvent des questions plus profondes. Une affiche générique peut donner l’impression que l’événement qu’elle promeut l’est tout autant. De plus, chaque visuel créé par une machine signifie qu’un illustrateur ou un graphiste n’a pas été rémunéré.

Face à cette situation, des actions de protestation émergent. Des autocollants humoristiques comme « Certified AI Bullshit » font leur apparition, et certains établissements, notamment en Irlande du Nord, refusent désormais d’utiliser des visuels générés par IA. À Rouen, un collectif d’artistes a même réussi à convaincre la municipalité de travailler sur une charte excluant l’IA générative de leurs projets visuels.

Les artistes soulignent que l’argent public devrait être investi pour soutenir les créateurs locaux plutôt que de recourir à la technologie générative. Le ministère de la Culture a également reconnu que les auteurs dont les œuvres alimentent les IA ne sont ni autorisés ni correctement rémunérés, soulevant des préoccupations éthiques et environnementales.

En conclusion, alors que ces affiches envahissent l’espace public, la demande pour un retour à des créations authentiques et humaines semble se renforcer. Les artistes incitent à privilégier les talents locaux, soulignant que cela est à la fois plus esthétique et juste.

Source : Franceinfo

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