Commande publique : Dérive systémique
Des chantiers en retard, des entreprises publiquement sommées d’honorer leurs engagements. Comment en est-on arrivé là ?
L’amélioration de la gouvernance est souvent mise en avant dans le discours officiel, mais les faits semblent contredire cette intention. Récemment, le président de la République a exigé l’accélération des travaux de construction du futur siège du ministère des Affaires étrangères, tout en adressant un coup de semonce au cabinet d’architecture en charge de la place Georges Damas Akéka. Ces deux situations soulèvent des interrogations sur les mécanismes d’attribution des marchés, les conditions de sélection des entreprises, et la responsabilité des administrations techniques.
Contexte factuel
Un marché public est un contrat légal qui doit être exécuté selon des termes définis, incluant un calendrier et les obligations des parties. Cependant, la réalité des marchés publics au Gabon est marquée par une opacité croissante. En mai 2025, le Conseil des ministres a révélé que 93,25 % des marchés publics avaient été attribués par entente directe, bien au-delà du plafond légal de 15 % fixé par l’article 71 du Code des marchés publics. Ce constat met en lumière une dérive systémique qui soulève des questions sur la régularité des procédures et l’établissement des responsabilités.
Données ou statistiques
Le recours excessif à l’entente directe est symptomatique d’une dérive dans la gestion des marchés publics. Cette situation, qualifiée de « dérive systémique », est préoccupante, car elle favorise l’arbitraire et les abus. Les questions demeurent : les procédures ont-elles été révisées ? Les responsabilités ont-elles été clairement établies ? À ce jour, peu de changements notables semblent avoir eu lieu.
Conséquence directe
Les citoyens ont le droit de connaître les coûts des grands chantiers, les modalités de leur financement, et les critères de sélection des entreprises. La quête de transparence est essentielle pour restaurer la confiance dans la gestion des marchés publics. Chaque acteur, y compris la presse, les organes de contrôle, et le Parlement, doit jouer son rôle pour garantir la régularité et la clarté des procédures.
Source : Gabonreview.com
