Un étudiant rescapé témoigne : « En une quarantaine de secondes, je me suis vu mourir »
Le déraillement du TER Rouen-Caen survenu hier soir à Cléon a fait plusieurs blessés et a profondément marqué les passagers présents à bord. Au lendemain de l’accident, de nombreux passagers demeurent choqués.
Un TER Rouen-Caen a déraillé vendredi 11 septembre vers 19h30, à hauteur de Cléon (Seine-Maritime), faisant 44 blessés parmi les 186 passagers présents à bord. Une jeune femme de 18 ans, en urgence absolue, a été héliportée vers le CHU de Rouen, mais ses jours ne sont plus en danger.
Sasha Hedin, étudiant de 22 ans, se trouvait à bord du TER parti de la gare de Rouen. Installé dans un wagon à l’arrière, il a échappé au drame de ceux qui se trouvaient à l’avant. « Après avoir passé deux ou trois tunnels au début du trajet, j’ai vu une épaisse fumée blanche sortir du train. Puis j’ai senti des secousses très violentes. Le train s’est mis à vibrer de plus en plus fort », raconte le jeune homme, encore secoué par les souvenirs de la veille.
« J’ai senti que le train déraillait complètement. Le bruit était très impressionnant. C’était le bruit du wagon qui s’arrache et qui déraille totalement. Les gens se sont mis à crier. Ça a duré une bonne trentaine, voire une quarantaine de secondes », confie-t-il.
Cet étudiant en comptabilité se trouvait dans un wagon épargné, contrairement à l’avant du train. « Il y avait surtout de la poussière qui rentrait par les voies d’aération. Il y avait une odeur métallique, d’essence. En une quarantaine de secondes, je me suis vu mourir. »
Rapidement, une agente de la SNCF a tenté de rasr les passagers, leur demandant de garder le calme avant de leur ordonner de quitter le train. Le bouton principal d’ouverture ne fonctionnant pas, un passager a utilisé le dispositif d’urgence pour ouvrir la porte.
En sortant, Sasha Hedin a pris conscience de la violence de l’accident. « J’ai vu un wagon totalement renversé. J’ai tout de suite demandé s’il y avait des gens à l’intérieur. On nous a escortés vers une première zone de sécurité. Il y avait déjà des personnes blessées. C’est ça qui m’a le plus marqué. J’ai vu quelqu’un avec la tête ensanglantée, qui criait en se tenant la tête », confie-t-il.
D’importants moyens de secours ont été mobilisés, avec 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules. Le jeune homme a été frappé par la rapidité de l’intervention des secours, en moins de 10 minutes après le choc. « Les pompiers nous ont triés. J’ai été vraiment admiratif de la prise en charge par les secours », conclut-il, expliquant avoir eu beaucoup de mal à trouver le sommeil en rentrant chez lui.
L’association d’aide aux victimes AVEDE ACJE, requise par le parquet, contactera individuellement les victimes à compter de lundi pour faire le point et leur exposer les suites de la procédure judiciaire.
Source : France 3 Normandie.

