Un dépotoir en feu complique le retour des évacués à Summerland
Le dépotoir en proie aux flammes à Summerland, en Colombie-Britannique, constitue un sujet d’inquiétude grandissant dans la communauté, car il ajoute un obstacle à tout plan de retour des résidents évacués en raison des feux de forêt.
Les équipes du Service d’incendie de la Colombie-Britannique, BC Wildfire, ne peuvent pas intervenir directement sur ce site où l’on dépose les ordures, car leurs équipements de protection individuelle sont conçus exclusivement pour les feux de végétation et ne comportent pas d’appareils respiratoires autonomes. Selon la porte-parole de BC Wildfire, Jean Strong, la combustion de matériaux artificiels génère une « fumée non végétale » chargée de produits chimiques toxiques. L’intervention repose donc entièrement sur les pompiers municipaux, qui possèdent la formation et l’équipement requis pour faire face aux émanations chimiques.
Les équipes provinciales se concentrent sur les lignes de feu en forêt, tandis que les pompiers locaux neutralisent les risques toxiques du dépotoir situé à environ 6 km à l’ouest de la ville. Le maire de Summerland, Doug Holmes, rappelle que la situation reste « imprévisible ». Non seulement les autorités doivent vérifier la sécurité des infrastructures avant d’autoriser le retour des résidents, mais elles ne savent pas comment gérer la collecte des ordures ménagères si le dépotoir continue de brûler.
Des émanations toxiques
Pour le Dr Tim Takaro, professeur émérite à l’Université Simon Fraser et expert en santé environnementale, la combustion d’un dépotoir constitue une menace « bien supérieure » à celle d’un feu de forêt classique. La présence de plastiques, d’appareils électroménagers et de métaux crée souvent une « combustion incomplète », un feu à température réduite, qui libère encore plus de substances hautement toxiques.
L’incertitude quant au contenu exact du site préoccupe particulièrement les spécialistes. La présence potentielle de matières enfouies dès les années 1950, bien avant l’établissement de normes environnementales sur les déchets dangereux, signifie que des produits chimiques oubliés ou toxiques pourraient aujourd’hui être relâchés dans l’atmosphère. Le Dr Takaro souligne que les particules fines et les gaz dégagés provoquent une « inflammation sévère » des voies respiratoires, notamment chez les personnes vulnérables. Ces polluants, qui incluent des métaux lourds et des composants cancérigènes, peuvent voyager sur des centaines de kilomètres et présenter des risques pour la santé à long terme.
Une surveillance accrue
Face aux risques chimiques, les autorités provinciales et régionales surveillent étroitement la situation. Kevin Dunbar, d’Urgences Climat et Gestion des urgences Colombie-Britannique, indique qu’une coordination est en place avec le ministère de la Santé, les autorités sanitaires et le ministère de l’Environnement afin de mer la qualité de l’air et de détecter tout rejet de matières dangereuses. Le Dr Takaro insiste sur la nécessité d’effectuer des prélèvements d’air en temps réel pour analyser précisément les gaz émis avant d’autoriser le retour de la population.
Source : Radio-Canada



