La dépollution de l’eau : un coût trois fois supérieur à la prévention
Mieux vaut prévenir que guérir. Un traitement curatif de la pollution de l’eau en nitrates et en pesticides est « en moyenne trois fois plus coûteux » qu’une approche préventive, selon les conclusions d’une étude menée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie.
« Il est en moyenne 3 fois plus coûteux de dépolluer des eaux brutes chargées en nitrates et pesticides, que de réduire la pollution à la source, toutes choses égales par ailleurs », indique ce rapport dévoilé par le média Contexte. Ce ratio s’aggrave lorsque la collectivité traite de faibles volumes et lorsque les eaux brutes sont plus fortement chargées en polluants.
L’Agence de l’eau Seine-Normandie, qui contribue à définir la politique de l’eau du bassin de la Seine et de ses affluents, finance la mise en œuvre de cette politique en vue d’une gestion durable, en subventionnant les projets d’acteurs locaux grâce à des redevances perçues auprès des usagers.
Face à un « mur d’investissement » pour l’entretien de réseaux vieillissants et les conséquences du changement climatique, l’agence a souhaité évaluer et comparer les coûts des scénarios préventifs de protection des captages et des scénarios curatifs de traitement de l’eau brute.
L’étude s’est appuyée sur 21 aires d’alimentation de captages (AAC), en chiffrant des scénarios sur la base des caractéristiques propres à chacune. À long terme, le coût du curatif est de 3,2 fois supérieur à celui du préventif. Pour le service d’eau potable, cet écart se creuse, atteignant un coût curatif 13 fois plus important, selon l’étude.
Les autrices de l’analyse soulignent également que le scénario préventif offre de multiples co-bénéfices, tels que des coûts évités de surtraitement, une amélioration de la qualité des eaux brutes et une réduction des coûts sanitaires liés aux pesticides.
Malgré ces démonstrations, le scénario « tout préventif » rencontre des difficultés de mise en œuvre, car la décision de changer les pratiques agricoles ne revient pas à la collectivité et dépend d’un contexte national et régional favorable à l’agroécologie.
Source : Agence de l’eau Seine-Normandie, média Contexte.

