Dépistage du cytomégalovirus : quelle prise en charge pour les femmes ?
Souvent bénin chez l’adulte, le cytomégalovirus (CMV) peut avoir de lourdes conséquences pour les enfants à naître lorsqu’il est contracté au début de la grossesse. La Haute Autorité de santé (HAS) précise la conduite à tenir après le dépistage et détaille le suivi ainsi que les traitements pouvant être proposés en cas d’infection.
Dans ses nouvelles recommandations publiées le 4 août, la Haute Autorité de Santé (HAS) définit les modalités de prise en charge des femmes enceintes suite au dépistage du CMV. Depuis 2025, la HAS recommande un dépistage systématique du CMV chez les femmes enceintes n’ayant jamais été infectées ou dont le statut est inconnu. Seule la première infection à CMV est décelable par une prise de sang, aucun test biologique ne permettant de mettre en évidence les réinfections. Ce dépistage repose sur une prise de sang recherchant les anticorps dirigés contre le CMV.
Le CMV est une infection fréquente : près de 50 % de la population a déjà été en contact avec le virus. Bien qu’il soit souvent asymptomatique, il peut se transmettre par les liquides biologiques (urine, salive, larmes), notamment des enfants. Cependant, si le CMV est généralement sans gravité, il existe un risque de séquelles pour le bébé lorsque la mère contracte la maladie dans les deux mois précédant le début de la grossesse ou durant le premier trimestre. L’enfant peut alors présenter des troubles tels que la perte auditive neurosensorielle, des symptômes neurologiques, ou des troubles du neurodéveloppement.
Pour les femmes n’ayant jamais été infectées, des mes d’hygiène préventives sont recommandées. En cas de primo-infection récente, un traitement préventif par valaciclovir et un suivi particulier peuvent être proposés. Ce médicament permet de limiter la transmission au fœtus et de réduire le risque de séquelles, sans signes de tératogénicité.
Concernant le dépistage, il est conseillé de le réaliser avant de concevoir un enfant. Si une femme n’a jamais été infectée, la HAS recommande de renouveler le dépistage toutes les quatre semaines pendant le premier trimestre. Pour les femmes enceintes, le test doit être effectué le plus tôt possible avant 14 semaines d’aménorrhée, au-delà de quoi il n’est plus pertinent.
En cas de primo-infection, la HAS recommande une consultation dédiée pour discuter de la prise en charge et initier un traitement antiviral rapidement, après un choix éclairé de la mère. De plus, la prescription d’une amniocentèse est préconisée dès 18 semaines d’aménorrhée pour rechercher la présence du virus chez le bébé. Si les résultats sont négatifs, le traitement peut être arrêté ; s’ils sont positifs, un suivi par un Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN) est recommandé.
La HAS insiste également sur l’importance de sensibiliser toutes les femmes ayant un projet de grossesse ou enceintes, ainsi que leur co-parent, aux risques d’infection et aux mes d’hygiène pour prévenir la transmission.
Source : Haute Autorité de Santé (HAS)

