Cadmium, quand se faire dépister ? L’avis du toxicologue Robert Garnier

Cadmium : Quand se faire dépister ?

Il y a six mois, la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) a alerté sur l’augmentation de l’imprégnation au cadmium. En dix ans, les taux auraient presque doublé dans la population française, selon une étude publiée en 2021 par Santé publique France. Cette hausse est attribuée principalement au tabac, première source d’exposition, mais également à des produits de consommation courante tels que le blé, le riz et les gâteaux, comme l’a récemment souligné l’Agence nationale de sécurité alimentaire.

Face à ce constat, le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, avait promis de rembourser les dépistages. Six mois plus tard, le gouvernement a renouvelé ses annonces, mais aucune stratégie concrète n’a été mise en place. Un accord a été trouvé entre l’Assurance maladie et les laboratoires de biologie médicale concernant les tarifs, mais le public concerné par ces dépistages reste flou.

Robert Garnier, toxicologue et auteur d’un avis de la Haute autorité de santé, a partagé son point de vue sur la question. Selon lui, le remboursement devrait être destiné aux personnes les plus exposées, notamment celles vivant à proximité de terres contaminées par le cadmium.

Les données de l’Anses montrent une imprégnation deux à quatre fois plus élevée que dans d’autres pays similaires. Cependant, Garnier souligne que les données sur lesquelles se base l’Anses sont controversées et que des études supplémentaires, comme l’étude Albane, sont nécessaires pour clarifier la situation.

Concernant les dépistages, Garnier recommande de les réaliser pour ceux vivant dans des zones à risque, car cela permettrait de situer les individus par rapport aux valeurs sanitaires de référence. Toutefois, il insiste sur la nécessité de définir clairement ces seuils, car les niveaux actuels retenus par l’Anses reposent sur des indicateurs de déminéralisation osseuse, qui peuvent être problématiques.

En conclusion, bien que le cadmium représente un problème de santé publique, la nécessité d’un dépistage massif dans la population générale n’est pas encore établie. Les personnes vivant dans des zones à risque sont encouragées à se faire dépister et à consulter leur médecin en cas de résultats inquiétants.

Source : L’Express

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