La dengue pourrait se répandre dans une large partie de la France d’ici 2085, selon une étude
Le moustique tigre continue de s’étendre en France, entraînant une augmentation des risques de dengue, de chikungunya et de Zika. Une étude publiée par des chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement, du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP) dans la revue Global Change Biology modélise l’impact du réchauffement climatique sur l’expansion de ce moustique et le risque de transmission de la dengue dans l’Hexagone d’ici 2085.
En 2004, le moustique tigre était présent dans un seul département français, tandis qu’en 2025, il est prévu qu’il soit présent dans 81 départements. Cette évolution est particulièrement préoccupante, car elle coïncide avec une augmentation des cas d’arboviroses autochtones, c’est-à-dire des personnes contaminées sur le sol français.
Les chercheurs ont examiné deux scénarios : un avec de fortes pressions, caractérisé par des émissions élevées de gaz à effet de serre et une forte croissance démographique, et un autre avec des pressions médianes. Les résultats indiquent que, dans le scénario de fortes pressions, la dengue pourrait se propager dans 89 à 96 % du territoire français, tandis qu’avec des pressions médianes, 72 % du pays deviendrait favorable à l’implantation du moustique.
La transmission de la dengue pourrait toucher entre 71 et 95 % de l’Hexagone, à l’exception des plaines du Nord. La saison de transmission s’allongerait, débutant plus tôt au printemps et se prolongeant en automne, avec un risque de transmission autochtone qui s’élèverait de 31 à 82 % dans certaines régions.
La dengue, souvent asymptomatique, peut entraîner des symptômes tels que fièvre, maux de tête et douleurs articulaires après une piqûre de moustique infecté. Bien que généralement bénigne, elle peut parfois causer des complications sévères.
Face à cette situation, des mes de surveillance, de prévention et de contrôle sont nécessaires dans les zones à risque. Cela inclut des initiatives sanitaires comme la stérilisation des moustiques et le développement de vaccins, ainsi que des actions climatiques pour intégrer les projections de réchauffement dans les plans nationaux.
Source : Global Change Biology



