On veut partir, mais dignement : les derniers habitants d’une résidence vouée à la démolition réclament un relogement décent
À Aix-en-Provence, dans le quartier d’Encagnane, les résidences Calendal et Mejanes sont promises à une destruction imminente. Les derniers habitants dénoncent des conditions de vie déplorables et un manque de propositions pour un relogement digne.
Des portes et fenêtres murées, des parties communes insalubres. Alors que les résidences Calendal et Mejanes vont bientôt être détruites, seulement 24 familles sur les 254 logements sociaux initiaux habitent encore sur place, dans des conditions très inconfortables. Elles attendent un relogement décent, même si pour Hakim, né dans le quartier, son départ sera un déchirement après 44 ans : « On veut partir, mais on veut partir dignement dans de bonnes conditions. On nous avait dit qu’on allait pouvoir choisir la typologie de notre prochain appartement et le lieu de résidence », s’agace-t-il.
La résidence voisine en construction, initialement envisagée comme l’une des principales solutions, ne propose que 102 logements sociaux. Pierre Boggi, un autre habitant, souligne : « Au tout début du projet, on nous avait dit qu’on serait relogés dans du neuf. Or, les chantiers ont eu du retard, nous sommes encore là, alors que selon la convention, nous devons être relogés dans du neuf ou du réhabilité de moins de cinq ans. Dans la pratique, on s’aperçoit que ce n’est pas le cas pour tout le monde. »
Ce renouvellement urbain s’inscrit dans le cadre du nouveau programme national de rénovation urbaine, visant à améliorer la vie des habitants, moderniser les logements et favoriser la mixité sociale. Le bailleur, Famille et Provence, affirme que la plupart des relogés sont satisfaits. « On continue de rester en lien avec ces familles relogées, notamment en les interrogeant trois mois après leur relogement pour avoir leur retour. Sur nos derniers chiffres, 84 % d’entre elles étaient satisfaites », précise Christophe Ducoulombier, le directeur général.
Cependant, ce chiffre est contesté par les derniers habitants. Un collectif a assigné le bailleur en justice, qui a promis d’organiser une rencontre avec une délégation dès la semaine prochaine.
Source : Article rédigé à partir du reportage de Nicolas Chaux-Bryan et Valérie Bour.


