Un triomphe devenu tragédie : la démission de Keir Starmer vue par la presse britannique
Keir Starmer a annoncé sa démission en tant que Premier ministre du Royaume-Uni, une décision qui a suscité des réactions variées dans la presse britannique. « Keir Starmer a montré de l’émotion, mais c’est un peu trop tard », titre The Independent, en faisant référence à son discours devant le 10 Downing Street, aux côtés de son épouse, Victoria. Le quotidien compare son approche à celle de Theresa May, soulignant un style perçu comme robotique. La BBC a également noté que son discours, bien qu’émouvant, contrastait avec son image de « Monsieur Règles », soulignant son incapacité à établir un lien avec le public.
Starmer avait pourtant connu un début prometteur. Nommé Premier ministre le 5 juillet 2024, il avait conduit le Parti travailliste à un raz-de-marée électoral, remportant plus de 410 sièges au Parlement, une majorité de 326. Ce résultat était d’autant plus significatif après les élections de 2019, où les travaillistes n’avaient obtenu que 202 sièges, leur plus faible score depuis 1935.
Le quotidien écossais The Herald a abordé la situation avec une note humoristique, se demandant ce que pourraient dire les pupitres de Downing Street s’ils pouvaient parler. Il a également souligné que Starmer avait accordé un week-end aux commentateurs pour préparer leurs analyses alors qu’il profitait d’un dernier moment de détente à Chequers.
Cependant, The Guardian a présenté une analyse plus sévère, évoquant « un triomphe devenu tragédie ». L’historien Anthony Seldon a critiqué Starmer, affirmant qu’il ne comprenait pas les enjeux de son poste, n’avait pas de vision claire et avait des difficultés à nommer des collaborateurs compétents. Cette critique pourrait faire écho à la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, qui a été limogé après des révélations compromettantes.
La presse a également rappelé les revers subis par le Parti travailliste sous sa direction. Depuis son élection, le Labour a perdu 1 496 conseillers municipaux à travers l’Angleterre, battant un record établi par les conservateurs en 1981. De plus, le parti a perdu plusieurs bastions, notamment en Écosse et au Pays de Galles, et a été critiqué pour des revirements sur des mes sociales.
Malgré ces critiques, The Scotsman a noté des aspects positifs de son mandat, comme son soutien indéfectible à l’Ukraine. Cependant, le retour d’Andy Burnham au Parlement, considéré comme un rival potentiel de Starmer, a été perçu comme un coup dur pour son leadership.
L’avenir politique de Starmer reste incertain, avec des spéculations sur d’autres candidats pour prendre la tête du Parti travailliste lors des prochaines élections générales.
Source : L’Express, The Independent, BBC, The Guardian, The Herald, The Scotsman
