Dégradation de la note du Sénégal : Cheikh Ahmed Tidiane Ly met en cause le tandem Diomaye-Sonko
La récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s Ratings suscite des réactions au sein de l’opposition. Cheikh Ahmed Tidiane Ly, coordonnateur national du comité de suivi-évaluation de l’Alliance pour la République (APR), attribue cette situation aux tensions persistantes entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il appelle les autorités à agir pour sortir de cette crise.
Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, assortie d’une perspective négative. Cheikh Ahmed Tidiane Ly relie cette décision directement aux tensions institutionnelles entre le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale, estimant que cela fragilise les finances publiques et renchérit le coût de l’endettement du pays.
Ly a déclaré : « Un camion sur une route de corniche, deux volants. L’un tenu par Bassirou Diomaye Faye, l’autre par Ousmane Sonko. Les deux conducteurs ne se parlent plus. Dans le camion, 19 millions de Sénégalais. » Il souligne également une série de dégradations de la note du Sénégal, avec plusieurs abaissements en moins de deux ans, ce qui affecte progressivement la capacité du pays à se financer dans de bonnes conditions.
Il met en avant le poids du service de la dette, affirmant que « la facture est dans la loi de finances, plus de 3 milliards de francs d’intérêts par jour, dimanche compris », ce qui représente une pression considérable sur les finances publiques.
Dans son analyse, Cheikh Ahmed Tidiane Ly établit un lien direct entre la crise politique au sommet de l’État et la dégradation de la situation financière du Sénégal, rappelant le changement intervenu après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et son accession à la présidence de l’Assemblée nationale. Il note que le Premier ministre a été limogé le 26 mai et que la note est tombée le 28 août, ce qui témoigne d’une absence de cohésion au sommet de l’État face à des difficultés économiques et sociales croissantes.
Au-delà de la querelle institutionnelle, il alerte sur la structure des finances publiques, affirmant qu’une part significative des nouveaux emprunts contractés par le Sénégal sert désormais à rembourser des dettes antérieures. « Sur 100 francs empruntés cette année, 71 remboursent d’anciens emprunts », avance-t-il. Il évoque aussi la situation préoccupante de la jeunesse, indiquant qu’« un jeune sur trois n’a ni emploi, ni école, ni formation ».
Comparant la situation du Sénégal à celle du Ghana, il estime que d’autres pays confrontés à des difficultés financières ont pu parvenir plus rapidement à un accord avec leurs partenaires internationaux, notant que le Ghana a conclu un programme en cinq mois, tandis que le Sénégal en est à la sixième mission du FMI sans conclusion.
Malgré ses critiques, Cheikh Ahmed Tidiane Ly as ne pas appeler à la chute du pouvoir en place, mais plaide pour une reprise du dialogue et une gouvernance plus cohérente. « Nous ne demandons pas la chute de ce régime, nous demandons qu’il me gouverne », conclut-il. Il estime qu’il n’est pas encore trop tard pour inverser la tendance, à condition que les autorités dépassent leurs divergences et rétablissent la confiance autour de la conduite des affaires publiques.
Source : Moody’s Ratings

