La défiance envers l’intelligence artificielle : un phénomène mondial en hausse
Depuis le lancement de ChatGPT, l’intelligence artificielle (IA) générative a suscité de vives critiques, particulièrement aux États-Unis. En 2023, une révolte des scénaristes et des travailleurs de l’industrie hollywoodienne a marqué le début d’une vague de méfiance. Des mouvements se sont également opposés à l’implantation de centres de données près des zones habitées, avec une cinquantaine de projets bloqués en 2025. Récemment, une montée de la défiance s’est manifestée, notamment parmi la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010.
Sur les réseaux sociaux, les contenus anti-IA se multiplient rapidement, reflétant une colère croissante. Même sur des plateformes technophiles comme Reddit, des posts dénoncent les outils d’IA générative. Ce malaise est particulièrement visible dans les universités américaines, où des entrepreneurs de la Silicon Valley, tels qu’Eric Schmidt, ancien PDG de Google, ont été hués lors de leurs discours.
Les résultats d’un baromètre AI Index de l’institut Ipsos montrent que 52 % des Américains se disaient nerveux face à l’usage de l’IA en 2022, un chiffre qui a grimpé à 64 % en 2025. Aujourd’hui, moins de 40 % des Américains se montrent enthousiastes à l’égard de l’IA, une tendance également observée dans d’autres pays anglo-saxons.
En revanche, les pays de l’Union européenne affichent une attitude plus mesurée envers l’IA. Selon des sondages récents, seulement 40 % des Polonais, 44 % des Italiens, et 50 % des Français et Belges expriment une certaine nervosité à son égard, soit une différence significative de 15 à 24 points par rapport aux États-Unis. L’Irlande reste cependant un cas à part, avec des sentiments similaires à ceux des États-Unis.
Cette divergence pourrait s’expliquer par la régulation plus stricte et le meilleur mix énergétique en Europe, offrant une protection supérieure contre les risques associés à l’IA. Ce contraste soulève des questions sur la capacité des États-Unis à gérer la méfiance croissante envers cette technologie.
Source : L’Express.
