Le jeu du piment : un défi inquiétant pour les autorités
Sur les réseaux sociaux, le jeu du piment connaît une inquiétante recrudescence, stimulée par la popularité de l’émission Hot Ones, où des personnalités sont interviewées tout en goûtant des sauces de plus en plus pimentées. Ce défi consiste à avaler un piment extrêmement fort, une sauce piquante ou une chips ultra-pimentée, tout en essayant de tenir le plus longtemps possible sans boire ni manger, souvent devant des amis et une caméra.
Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large des jeux dangereux chez les jeunes et suscite des inquiétudes jusqu’au ministère de l’Éducation nationale, à l’approche de la rentrée scolaire. Dans son bulletin Vigil’Anses, publié le 20 juillet dernier, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a rapporté des données des centres antipoison français entre 2021 et 2025.
Au cours de cette période, 124 personnes ont contacté un Centre antipoison après avoir présenté des symptômes liés à la consommation d’aliments ou de plats pimentés. L’âge moyen des personnes concernées était de 18 ans, avec 34 % des cas chez les adolescents de 10 à 15 ans. Parmi ceux-ci, 39 % participaient à un challenge au moment de la consommation.
La capsaïcine, une molécule naturellement présente dans les piments, est responsable de la sensation de brûlure. Plus sa concentration est élevée, plus la sensation est intense, provoquant des symptômes tels que rougeur du visage, transpiration, nez qui coule, larmes et sensation de brûlure dans la bouche. Dans des cas extrêmes, des symptômes plus graves peuvent survenir, notamment des nausées, vomissements et douleurs abdominales.
En France, les cas recensés entre 2021 et 2025 sont majoritairement bénins, avec un seul cas de gravité modérée impliquant une femme de 28 ans ayant consommé une chips pimentée. Cependant, des conséquences tragiques ont été rapportées à l’étranger, notamment le décès d’un adolescent de 14 ans aux États-Unis en 2023, après sa participation au One Chip Challenge, qui impliquait un piment extrêmement puissant.
L’Anses appelle à la prudence face aux produits qualifiés de « super-piquants » ou « extrêmes », et déconseille la participation à des défis de consommation de produits très forts. Les conséquences d’une simple grimace peuvent parfois durer bien plus longtemps.
Source : Anses


