Défense : les confidences d'un commando parachutiste

Les décisions cruciales d’un commando parachutiste français

Nicolas S., ancien membre du Commando Parachutiste de l’Air n°10, a consacré dix-neuf ans à traquer les ennemis de la France sur trois continents. Dans son dernier ouvrage, Décider comme les Forces spéciales (Éditions Mareuil), il aborde les mécanismes de décision en situation de crise, notamment lors de missions sensibles telles que la capture de chefs terroristes et la libération d’otages.

Nicolas S. explique que la prise de décision repose sur une analyse rigoureuse du risque. Ce dernier se décline en trois niveaux : le risque connu, inhérent à la mission, le risque probable, qui peut être anticipé, et le risque inattendu, imprévisible. Par exemple, lors d’une mission en Afghanistan, un commando a disparu après être tombé dans un ancien puits, un événement impossible à anticiper.

La planification des opérations peut être très rapide, parfois limitée à une heure, ce qui nécessite une préparation minutieuse. Nicolas S. souligne que la concentration est essentielle lors de la prise de décision, car des vies humaines en dépendent. Il précise que les jeunes officiers sont formés à ces situations par des exercices répétés, afin d’agir avec fluidité et efficacité.

Lors de ses nombreuses missions, notamment en Afghanistan et au Sahel, il a dû évaluer le risque par rapport aux enjeux. Il indique que des décisions difficiles, comme celles liées aux frappes aériennes contre l’État islamique, nécessitent une analyse approfondie des conséquences potentielles, souvent marquées par l’incertitude.

Nicolas S. conclut en soulignant une tendance actuelle dans la société : un excès de communication sans prise de décision efficace, un phénomène qu’il observe également dans les grandes organisations. En revanche, dans les forces spéciales, une culture de remise en question et de liberté d’expression est encouragée.

Source : Le Journal du Dimanche

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