Ces découvertes que l’on ne peut même pas encore prévoir
La mission du télescope spatial Nancy Grace Roman de la Nasa repose sur un double pari : d’une part, l’ambition scientifique de multiplier par 15 le nombre d’exoplanètes connues ; d’autre part, une démonstration technologique cruciale qui ouvrira la voie au prochain grand observatoire dédié à la recherche de vie ailleurs et à la photographie, pour la première fois, de planètes semblables à la nôtre.
Décryptage de cette mission aux multiples facettes, avec Bertrand Mennesson, directeur scientifique adjoint de la mission Roman au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa.
Un bond spectaculaire dans le recensement des exoplanètes
D’un point de vue scientifique, Roman utilisera trois méthodes complémentaires : la microlentille gravitationnelle, les transits et l’imagerie directe. Cette recherche à grande échelle devrait permettre de découvrir environ 100 000 nouvelles exoplanètes, un bond spectaculaire par rapport aux 8 284 actuellement répertoriées.
La microlentille gravitationnelle : traquer les mondes les plus discrets
Roman surveillera des centaines de millions d’étoiles à la recherche de variations de luminosité signalant un phénomène de microlentille gravitationnelle. Ce phénomène se produit lorsque deux étoiles sont très proches, déformant la lumière de l’étoile la plus éloignée. Les planètes orbitant autour de l’étoile au premier plan peuvent également modifier cette lumière, permettant aux astronomes de détecter des mondes aussi légers que Mars, situés dans la zone habitable de leur étoile ou au-delà.
Ces planètes, bien que difficiles à détecter aujourd’hui, devraient être révélées par Roman, qui pourrait en identifier plus de 1 000 par cette méthode.
Les transits : la moisson statistique
Les scientifiques analyseront également les données pour détecter les baisses de luminosité causées par le passage d’une planète devant son étoile. Cette méthode est efficace pour repérer les grandes planètes proches de leur étoile, augmentant le catalogue des planètes connues de 100 000 mondes gigantesques et chauds.
Le coronographe : une démonstration technologique tournée vers l’avenir
La mission Roman inclut une dimension stratégique : celle d’une démonstration technologique pour préparer l’Observatoire des mondes habitables (HWO), le futur télescope spatial de la Nasa. Roman testera de nouvelles technologies d’imagerie directe, avec une sensibilité jusqu’à 1 000 fois supérieure à celle des observatoires actuels.
Un programme d’observation resserré
L’équipe du coronographe effectuera des observations pendant trois mois, réparties sur les 18 premiers mois de la mission. Les priorités incluent des systèmes connus avec des planètes jeunes et brillantes, pour vérifier le bon fonctionnement de l’instrument.
L’inattendu : la vraie promesse de Roman
Au-delà des catégories de planètes envisagées, Roman pourrait révéler des exoplanètes qui défient notre compréhension actuelle de la formation planétaire. Bertrand Mennesson souligne que les premières découvertes ont souvent remis en question les théories existantes.
C’est dans cette part d’inconnu que réside la promesse la plus excitante de la mission Roman, bien au-delà des 100 000 exoplanètes qu’elle s’apprête à révéler.
Source : Futura Sciences

