En Turquie, découverte d'une statue antique colossale sur un site UNESCO

Découverte d’une statue colossale à Sardes, site UNESCO en Turquie

Un vestige exceptionnel a été exhumé dans l’ouest de la Turquie. Sous une ancienne chaussée romaine de la cité antique de Sardes, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2025, les archéologues ont mis au jour une statue colossale en marbre mesurant plus de deux mètres de haut. Datée entre 470 et 450 avant notre ère, cette sculpture représente un personnage et rejoindra les collections du musée de Manisa après sa restauration.

La statue a été retrouvée brisée en deux et dépourvue de ses pieds ainsi que d’autres éléments, mais elle est dans un excellent état de conservation pour une pièce aussi ancienne. Cette préservation est en grande partie due à la décision des Romains de réutiliser la statue en l’enfouissant sous le dallage d’une voie, la protégeant ainsi pendant près de deux millénaires.

Une sculpture au style hybride

Les archéologues n’ont pas encore déterminé s’il s’agit d’une figure masculine ou féminine, d’une divinité, d’un souverain ou d’une figure votive. Le style hybride de l’œuvre intrigue, car sa posture frontale et sa longue chevelure rappellent les conventions du VIe siècle avant notre ère, tandis que le traitement du visage et des mains évoque les évolutions artistiques de la première moitié du Ve siècle.

La figure porte un himation drapé par-dessus un chiton, ainsi qu’un étonnant vêtement à rayures horizontales, sans équivalent connu dans la sculpture grecque ou anatolienne, suggérant peut-être une tradition propre à l’ancien royaume de Lydie.

Des informations précieuses sur la vie antique

Dans sa main droite, le personnage tient un fruit, possiblement un coing, qui pourrait être destiné à une offrande rituelle. Ce détail pourrait fournir des informations sur les croyances religieuses pratiquées à Sardes, ancienne capitale du royaume de Lydie. Ce site, au carrefour des mondes lydien, grec et perse, est célèbre pour la richesse légendaire de son dernier roi, Crésus, et était traversé par la rivière Pactole, réputée pour ses paillettes d’or.

Cette découverte offre ainsi un aperçu précieux sur la vie et les croyances dans cette région historique.

Source : Beaux Arts

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