Il va nous manquer : Tony Gatlif, le réalisateur de la culture gitane, s’éteint à 77 ans
Le cinéaste Tony Gatlif, décédé à Arles (Bouches-du-Rhône) ce mercredi 2 septembre, a laissé une empreinte indélébile sur le cinéma français avec une vingtaine de films, dont les emblématiques « Gadjo Dilo » et « Exils ». La communauté gitane pleure la perte de ce réalisateur qui a su porter leur culture à l’écran avec une rare authenticité.
Tony Gatlif, âgé de 77 ans, a été annoncé décédé par sa famille à l’AFP. Il travaillait activement sur un projet de film historique malgré des problèmes de santé. « Je viens tout juste de l’apprendre en consultant mon téléphone, c’est triste », a déclaré Chico Bouchikhi, compositeur et membre des Gipsy Kings, qui a connu Gatlif depuis plus de trente ans.
Né Michel Dahmani le 10 septembre 1948 d’un père kabyle et d’une mère gitane, Gatlif a commencé sa carrière cinématographique en 1975 avec « La Tête en ruine ». Il a ensuite consacré sa filmographie à des récits ancrés dans la culture gitane, souvent enrichis de flamenco ou de rébétiko. Des films comme « Gadjo Dilo » (1997) et « Exils » (2004), qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes, sont devenus des classiques.
« Il avait un regard particulier sur le monde gitan, avec une sensibilité unique. Il va nous manquer », a déclaré Chico Bouchikhi. Gatlif a changé de nom à l’âge de 12 ans pour éviter d’être renvoyé en Algérie, où il avait passé son enfance. Après un passage en maison de correction, il a été envoyé en Camargue, où il a découvert le théâtre et l’acteur Michel Simon, des éléments qui ont marqué son parcours.
Le film le plus célèbre de Gatlif, « Gadjo Dilo », est un hommage à la musique tzigane, décrivant la quête d’un jeune Français, interprété par Romain Duris, à la recherche d’une chanteuse dans un camp tzigane en Roumanie. « Ce qu’il arrivait à capter pour ses films était magnifique. Il était l’un des premiers à mettre en scène cette culture », a souligné Bouchikhi.
Tony Gatlif a été récemment invité au Festival de Cannes pour la projection de son dernier film, « Ange », qui explore la vie d’un gitan sur les routes de France. Dans un communiqué, sa famille a déclaré que « la beauté de ses films, sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique resteront pour toujours en nous ».
Source : AFP

