Débris spatiaux : un expert de l’Académie de l’air alerte sur l’inefficacité des règles internationales

Débris spatiaux :

Débris spatiaux : « Les règles internationales ne sont pas appliquées », alerte un expert de l’Académie de l’air et de l’espace

Alors que la France et l’Allemagne coprésident le Sommet international pour l’espace à Paris depuis mercredi, l’accumulation de milliers d’objets en orbite inquiète les spécialistes.

Le mercredi 9 et le jeudi 10 septembre, le Grand Palais à Paris accueille le Sommet international pour l’espace. L’évènement vise à développer la coopération internationale face à la militarisation croissante de l’espace et à l’augmentation de la présence des entreprises privées.

L’espace est devenu une autoroute surchargée de satellites et de débris. Cette problématique sera abordée durant ces deux jours de Sommet. Selon Christophe Bonnal, expert en débris spatiaux à l’Académie de l’air et de l’espace, des solutions existent mais restent compliquées à mettre en place.

Il y a dix ans, environ 1 500 engins orbitent autour de la planète. Aujourd’hui, ce chiffre a été multiplié par dix. « La situation n’est pas en train de s’améliorer. On s’attend à avoir deux millions de satellites. Même si nous en avons dix fois moins, c’est déjà terrible », déclare Bonnal. Il souligne que la croissance est « non contrôlée », notamment en ce qui concerne les constellations de satellites, et que la régulation est très légère.

Le seul pays à peu près exemplaire en matière de régulation est la France, qui a mis en place une loi sur le spatial depuis 2008. Cependant, Bonnal décrit la situation actuelle comme un « Far West » avec des règles internationales qui ne sont pas appliquées. Les décisions au sein de l’IADC (Interagency Debris Coordination Committee) sont prises à l’unanimité, mais la standardisation internationale reste insuffisante, notamment en raison de l’assouplissement des contraintes sur les constellations américaines.

Les risques de collisions sont préoccupants, entraînant ce que l’on appelle le syndrome de Kessler. Dans les altitudes comprises entre 700 et 1 000 kilomètres, les débris peuvent se régénérer par collision mutuelle, générant des milliers de nouveaux débris. Un débris à 800 km d’altitude peut rester en orbite pendant deux siècles, se déplaçant à 30 000 km/h et prêt à entrer en collision avec d’autres objets.

Bonnal souligne également les opérations spatiales de la Chine, qui laissent délibérément des étages supérieurs dans des zones critiques, aggravant la situation. Des projets de remorqueurs spatiaux existent depuis 20 ans, mais leur mise en œuvre est complexe. Les agences spatiales, comme le CNES ou l’ESA, encouragent des startups à s’attaquer au problème des débris.

Pour l’heure, la désorbitation contrôlée est privilégiée, notamment pour les gros objets, qui sont dirigés vers des zones sûres comme le sud du Pacifique. La station spatiale internationale (ISS) est prévue pour être précipitée dans cette région en 2031.

Source : franceinfo

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