De l’or au bout des doigts pour les apprentis bijoutiers : « Je suis sans cesse au contact de belles pierres »
Dans la salle de classe de l’Institut de bijouterie de Saumur (IBS), les élèves de deuxième année du CAP bijouterie-joaillerie s’affairent autour d’établis en bois. Sous la direction de leur formateur, Théo Parola, ils apprennent les techniques de volume, utilisant divers outils pour façonner des pièces de métal et de cire. Fondé en 1979 par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Maine-et-Loire, l’IBS forme près de 200 personnes chaque année à des spécialités variées telles que la bijouterie-joaillerie, le polissage-sertissage, et la gemmologie.
L’école se distingue par son offre de formations en alternance, permettant aux apprentis de découvrir le métier en entreprise tout en suivant des cours théoriques. « Notre grand luxe, c’est de travailler avec des élèves très investis », souligne Anne-Laure Palluau, responsable de l’IBS.
Partager la même passion
L’atmosphère dans les ateliers est marquée par la concentration et la complicité entre formateurs et élèves. Théo Parola, lui-même ancien diplômé, note que « ce n’est pas un métier dans lequel on arrive par hasard », ajoutant que la plupart des élèves sont majeurs et souvent en reconversion professionnelle. Emma, 22 ans, témoigne de sa passion pour la bijouterie, notamment pour l’insertion de pierres précieuses dans des montages complexes.
Un savoir-faire exigeant
Le formateur insiste sur l’importance de la patience et de la minutie dans ce métier, soulignant que « seule la répétition du geste permet de progresser ». Les élèves, vêtus de blouses blanches, doivent souvent gérer des douleurs aux mains au début de leur formation, mais acquièrent progressivement des gestes plus précis. Dans l’école, le travail se concentre sur le laiton et l’argent, tandis que l’or, dont le prix a récemment augmenté, est utilisé dans les entreprises d’accueil.
Une voie trop peu valorisée
Trystan, 18 ans, est l’un des plus jeunes élèves, bientôt titulaire de deux CAP. Il se dit passionné par le prestige des matériaux avec lesquels il travaille. Hélène, 21 ans, déplore le manque de reconnaissance de ces métiers dans les lycées. « Je trouve vraiment dommage de ne pas entendre parler de nos métiers au lycée », affirme-t-elle.
Hugo, 24 ans, a découvert sa passion pour les pierres précieuses et manipule quotidiennement des gemmes dans le cadre de sa formation. « Dans mon entreprise, je suis sans cesse au contact de belles pierres », confirme-t-il.
La tradition du « fait main »
Les formateurs encouragent les élèves à développer leurs compétences en fabrication de bijoux tout en respectant la tradition du « fait main ». Rémy Bonneau, formateur, explique que les nouvelles technologies, comme les logiciels 3D, ne remplacent pas la compréhension des techniques traditionnelles. Les élèves travaillent actuellement sur des projets emblématiques, tels que la réalisation d’une bague Korloff en argent ornée d’un rubis.
En plus des cours pratiques, les élèves suivent des cours d’histoire de l’art et du bijou, enrichissant ainsi leurs projets de création. Tessa, 22 ans, mentionne que son parcours lui a permis de trouver sa voie, tout en exprimant son optimisme quant à l’avenir de son métier, convaincue de sa pérennité.
Source : La Croix

