Cancer du pancréas : le daraxonrasib, une avancée thérapeutique majeure
L’agence américaine du médicament (FDA) a récemment accordé une autorisation de mise sur le marché au daraxonrasib, un médicament prometteur pour le traitement du cancer du pancréas avec métastases. Ce traitement est le premier inhibiteur de RAS à recevoir une telle approbation, ciblant une protéine clé dans la croissance des cellules cancéreuses.
La disponibilité du daraxonrasib (Rasonque, développé par Revolution Medicines) aux États-Unis fait suite à des résultats cliniques très encourageants publiés ce printemps. Cette autorisation concerne spécifiquement les adultes atteints d’adénocarcinome du pancréas métastatique.
Selon les National Institutes of Health (NIH), 90 à 95 % des cancers du pancréas diagnostiqués chaque année aux États-Unis sont des adénocarcinomes, représentant environ 3,2 % de tous les cancers diagnostiqués, mais une proportion significative des décès par cancer, en raison de son diagnostic tardif et de son évolution agressive.
Le daraxonrasib : un traitement ciblé
Le daraxonrasib est un inhibiteur de RAS, une protéine souvent activée de manière anormale dans les cellules cancéreuses, favorisant la progression tumorale. Ce médicament agit en bloquant ce mécanisme au niveau cellulaire. L’intérêt pour le daraxonrasib est d’autant plus fort que la mutation RAS est présente dans près de 90 % des tumeurs pancréatiques.
Une révolution dans le traitement du cancer du pancréas
Les résultats de l’essai clinique de phase III RASolute-302, présentés lors des congrès de l’American Association for Cancer Research et de l’American Society of Clinical Oncology, montrent que le daraxonrasib double presque la survie globale des patients en deuxième ligne de traitement. La survie médiane était de 13,2 mois avec le daraxonrasib, contre 6,7 mois avec la chimiothérapie, réduisant ainsi de 40 % le risque de décès. Après un an de traitement, 53,3 % des patients sous daraxonrasib étaient encore en vie, contre 18,7 % dans le groupe contrôle.
Perspectives en France
Aux États-Unis, le daraxonrasib devient le nouveau « standard de soins » pour cette indication, avec un coût de 39 800 dollars pour 30 jours de traitement. En France, la demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est actuellement examinée par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Toutefois, le laboratoire a indiqué qu’il ne prévoyait pas de demander un accès précoce, ce qui signifie que les patients français devront attendre les étapes réglementaires habituelles.
Les oncologues en France espèrent pouvoir prescrire ce traitement, mais des défis subsistent, notamment la nécessité de réaliser un phénotypage des tumeurs pour identifier les patients éligibles. Ce processus pourrait être facilité par des systèmes de dépistage déjà en place pour d’autres cancers.
Inhibiteurs plus sélectifs en développement
D’autres médicaments de la même classe, mais plus sélectifs, sont également en cours d’essai clinique, visant à cibler plus précisément certains sous-types de mutations RAS. L’objectif est d’améliorer l’efficacité tout en réduisant les effets secondaires.
Le daraxonrasib est pour l’instant réservé à un usage en deuxième ligne, et des recherches sont en cours pour déterminer son efficacité en première ligne de traitement.
Source : La Dépêche

