Daniel Metzler souligne les défis de l’industrie spatiale européenne face aux lancements

Daniel Metzler, constructeur de fusées :

À quoi bon fabriquer des fusées européennes si nous ne pouvons pas les envoyer dans l’espace ?

L’Europe aspire à renforcer sa souveraineté spatiale, avec l’objectif d’envoyer des astronautes en orbite sans dépendre d’autres puissances. À cet égard, Isar Aerospace a récemment réussi à lancer la première fusée privée européenne. Son président, Daniel Metzler, a exprimé lors d’une table ronde au Sommet international pour l’espace à Paris, le 9 septembre, que l’entreprise est déjà submergée par les demandes. « Nous pouvons vendre 20 fois plus de fusées que ce que nous pouvons en construire », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’un changement d’échelle pour l’entreprise.

Metzler a précisé que le principal défi réside dans l’augmentation de la cadence de lancement en Europe. « La souveraineté viendra quand nous serons capables de lancer un grand nombre de fusées en peu de temps. Aujourd’hui, nous n’en sommes pas capables. Et à quoi bon construire des fusées si nous ne pouvons pas les envoyer dans l’espace ? En ce sens, en Europe, nous ne sommes pas encore souverains. »

David Cavaillolès, le directeur d’Arianespace, a corroboré cette idée en affirmant que « l’enjeu n’est pas de maîtriser la technologie, mais de l’industrialiser. Nous devons faire mieux sur ce sujet. »

Daniel Metzler a également ajouté que l’entreprise est prête à répondre à la demande croissante, affirmant : « Nous avons montré la réactivité dont nous sommes capables. Nous pouvons lancer n’importe quel lanceur en deux ou trois jours. » Cependant, il reste un défi crucial à relever : trouver les financements nécessaires pour réaliser cette montée en puissance tant attendue.

Source : Science et Vie

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