Cyclisme et risque de burn-out : interdire les courses World Tour aux moins de 20 ans ?
Brider les jeunes cyclistes pour limiter les impacts sur leur santé mentale est une question qui émerge dans le peloton international. Le Français Warren Barguil propose d’interdire les courses World Tour aux moins de 20 ans, une idée controversée qui suscite des réactions variées. Toutefois, un consensus semble se dessiner sur la nécessité d’agir.
Le cyclisme évolue rapidement, exigeant des coureurs une maturité précoce et une capacité à performer sans délai. À 34 ans, Warren Barguil, qui a observé cette transformation de l’intérieur, s’inquiète pour les jeunes générations. Dans une interview accordée à L’Équipe, il évoque le cas d’une jeune cycliste ayant fait un burn-out à 17 ans, soulignant que ce phénomène est symptomatique d’une pression excessive dans le sport. « Je suis inquiet pour les jeunes qui vont arrêter l’école de bonne heure. Leur cercle social se résume au vélo. Ils n’ont pas d’amis ailleurs », déclare-t-il.
Les cas de burn-out et de dépression chez les cyclistes, notamment les plus jeunes, sont en augmentation. Gabriël Berg, 20 ans, a lui-même fait face à cette réalité. En 2024, il met fin à sa carrière d’apprenti cycliste pro au sein de l’équipe belge Soudal Quick-Step, décrivant sa décision comme la meilleure qu’il ait prise. « En arrêtant, je n’ai plus touché à mon vélo pendant 9 mois », confie-t-il.
Instaurer des règles claires
Face à ces situations préoccupantes, Warren Barguil suggère que l’Union Cycliste Internationale (UCI) limite l’âge des coureurs sur les courses World Tour à 20 ou 21 ans. Actuellement, l’âge minimum pour participer à ces compétitions est fixé à 19 ans. Alois Charrin, ancien cycliste professionnel, conteste cette interdiction, affirmant qu’elle serait une erreur. Kévin Ledanois, un autre ancien coureur, partage cet avis tout en reconnaissant la nécessité d’un meilleur accompagnement des jeunes.
Gabriël Berg, bien qu’ayant vécu des difficultés, ne soutient pas l’interdiction. Il considère que les exigences du World Tour sont accablantes, mais que cela dépend des individus. « Courir chez les Élites ne pousse pas vraiment au burn-out. Ce sont les entraînements pour parvenir à ce niveau qui usent », explique-t-il.
Agir en profondeur
Warren Barguil souligne également que l’entraînement des jeunes cyclistes est souvent excessif. « Les équipes doivent se responsabiliser à ce sujet », affirme-t-il, suggérant qu’une partie des investissements pourrait être réallouée pour mieux soutenir les jeunes coureurs. Kevin Ledanois évoque sa propre expérience, où le fait de prioriser ses études l’a aidé à gérer la pression.
La santé mentale des cyclistes, même des plus grands champions, est un sujet préoccupant. Cette situation soulève des questions sur l’avenir des jeunes coureurs, qui sont exposés à des attentes de performance avant même d’atteindre la majorité.
Source : L’Équipe, RMC Sport
