EN IMAGES : Le cycle de la culture des betteraves, une tradition semencière bien ancrée dans l’Albret et le Lot-et-Garonne
Depuis l’après-guerre, l’Albret est une terre de semences, où la betterave, notamment sucrière, est produite en grande quantité. Ses graines sont ensuite exportées dans le monde entier.
Le Lot-et-Garonne incarne l’âme rurale et agricole du pays. Dans l’Albret, la culture de la betterave occupe une place prépondérante. Cependant, contrairement aux idées reçues, elle ne sert pas à produire du sucre blanc. Depuis les années 1960, la betterave y est cultivée pour sa semence, une spécialité qui fait la fierté locale et place la France en leader européen.
Mars, le départ de la saison
Dès le mois de mars, les agriculteurs commencent les plantations de betteraves. Cette période marque le début d’un processus rigoureux, encadré par des normes strictes imposées par les semenciers. Les plants, mâles et femelles, sont cultivés selon des densités précises, avec des traitements adaptés et une rotation des sols sur cinq ans pour préserver la qualité des semences.
Dans l’Albret, la culture des semences de betterave est largement répandue. DDM – J. C.
Les cultures intermédiaires, comme le blé, le tournesol, le maïs ou la féverole, sont intégrées dans cette rotation pour maintenir la fertilité des sols.
Fin juillet, la moisson des graines
À la fin juillet, les champs se transforment en un ballet mécanique où les moissonneuses-batteuses, gourmandes en carburant, s’activent pour récolter méticuleusement les semences, sous la surveillance d’un technicien. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce n’est pas la betterave elle-même qui est récoltée, mais ses graines.
Une fois la récolte terminée, chaque producteur effectue deux contrôles qualité pour évaluer la taille et la propreté des graines, garantissant ainsi une semence conforme aux exigences des semenciers.
Dans l’Albret, la culture des semences de betterave est largement répandue. DDM – J. C.
Le Lot-et-Garonne, et particulièrement l’Albret, compte de nombreux producteurs de semences de betteraves. Cette région fait partie des quatre départements du Sud-Ouest (Gers, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne) désignés comme zone protégée par des arrêtés ministériels. Ces mes interdisent toute autre culture de semences dans la zone pour éviter les croisements indésirables.
En 2025, la superficie dédiée à cette culture atteignait 5 200 hectares sur l’ensemble du territoire, dont plus de 3 800 hectares dans le Sud-Ouest. Ces semences approvisionnent 39 pays à travers le monde, soulignant l’importance stratégique de cette production. Les semences produites en Lot-et-Garonne servent principalement à la betterave à sucre, dont les semences sont destinées aux régions du nord de la France ou exportées vers d’autres pays producteurs de sucres.
Au cœur de cette filière se trouve le centre UBS (United Beet Seeds), ainsi que KWS et Syngenta, qui contribuent à faire de la France le leader européen de la production de semences de betteraves sucrières et fourragères.
2026 : une année compliquée
L’année 2026 restera marquée par des conditions climatiques exceptionnelles qui ont perturbé le cycle de culture. Des pluies abondantes ont rendu les terrains impraticables, suivies de fortes chaleurs qui ont provoqué l’avortement des fleurs, réduisant ainsi les rendements. La qualité des semences reste à évaluer, mais les agriculteurs redoublent d’efforts pour maintenir les standards.
Dans l’Albret, la culture des semences de betterave est largement répandue. DDM – J. C.
La culture de la betterave à semences est plus coûteuse que celle des céréales. La moisson des betteraves se situe entre 300 et 350 € par hectare, tandis que celle des céréales est entre 120 et 150 € par hectare. En pleine charge, une moissonneuse consomme 600 litres de gasoil par journée de travail, un investissement conséquent. Malgré ces coûts, la rentabilité reste intéressante et sécurisée pour les agriculteurs, même si elle varie en fonction des conditions climatiques.
Source : La Dépêche.



