Fisc, Éducation nationale : la France sous le feu croisé des cyberattaques
C’est à croire qu’aucun service public n’y échappe. Après l’Insee en juin, un prestataire de la santé publique et l’éducation nationale en juillet, c’est au tour du fisc d’être ciblé à plusieurs reprises cet été. Les chiffres sont sans appel : les cyberattaques se multiplient dans l’Hexagone.
Une situation qui inquiète au sommet de l’État, d’autant qu’un groupe de pirates, ZeroBytes, a revendiqué la plupart de ces attaques. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a présenté mardi 18 août des « excuses » pour le piratage d’ampleur, à trois reprises (révélées les 12, 13 et 18 août), de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), entraînant le vol des données personnelles de quelque 678 000 contribuables, dont 350 000 particuliers.
Quel mode opératoire ?
Le premier piratage, survenu fin juin, a visé le système d’information du fisc. Le second, perpétré fin juillet, a ciblé le Serveur professionnel des données cadastrales (SPDC). Le dernier en date, révélé mardi, concernait des données liées aux successions. Les pirates affirment avoir récupéré l’accès à un VPN utilisé par les agents du fisc et contourné « l’authentification multifacteur », un système imposant une double vérification pour se connecter. « Nos systèmes d’information comportent des faiblesses », a reconnu David Amiel.
Quelles données visées ?
Les informations compromises incluent le nom, l’adresse mail et postale, le numéro fiscal, le revenu fiscal de référence ou encore le taux de prélèvement à la source de milliers de personnes, désormais en vente sur le dark web. Pour les particuliers, les données fiscales dérobées ne permettent pas l’accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr, mais facilitent l’usurpation d’identité, a précisé Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques. Pour les entreprises, il s’agit de données moins sensibles, comme le numéro de Siren et l’adresse de l’entreprise.
Selon le site Have I been Pwned, la France est plus touchée que ses voisins européens et figure parmi les pays les plus ciblés au monde, derrière les États-Unis et l’Inde. Depuis le début de l’année, 43 millions de comptes ont été piratés en France. En août, plusieurs millions d’élèves et des dizaines de milliers d’enseignants ont été visés par un vol de données.
Pourquoi la France plus que les autres ?
Cette vulnérabilité pourrait s’expliquer par la centralisation des systèmes informatiques en France. Selon Steven Meyer, directeur de la société de cybersécurité Zendata, un pirate ayant accès à un programme peut effectuer des déplacements latéraux, accédant ainsi à un volume de données colossal. Troy Hunt, fondateur de Have I Been Pwned, évoque également une communauté de hackeurs francophones plus active et des pratiques de cybersécurité moins solides en France.
Comment mieux lutter contre ?
David Amiel a évoqué un plan d’action en plusieurs phases. Les usagers concernés seront contactés par la DGFiP pour les informer des données hackées et des mes de vigilance à adopter. Le gouvernement prévoit également d’utiliser l’IA Mistral pour identifier les vulnérabilités de ses services et lutter contre la compromission des comptes des agents de la fonction publique. « OpenAI est exclue », a précisé David Amiel.
Source : L’Express



